Donnerstag, 20. Februar 2014

Il n’y a raison qui n’en aye une contraire, dict le plus sage party des philosophes. Je remachois tantost ce beau mot qu’un ancien allegue pour le mespris de la vie : Nul bien nous peut apporter plaisir, si ce n’est celuy à la perte duquel nous sommes preparez : In aequo est dolor amissae rei, et timor amittendae ; voulant gaigner par là que la fruition de la vie ne nous peut estre vrayement plaisante, si nous sommes en crainte de la perdre.

Il se pourroit toutes-fois dire, au rebours, que nous serrons et embrassons ce bien, d’autant plus estroit et avecques plus d’affection que nous le voyons nous estre moins seur et craignons qu’il nous soit osté. Car il se sent evidemment, comme le feu se picque à l’assistance du froid, que nostre volonté s’esguise aussi par le contraste :

Si nunquam Danaen habuisset ahenea turris,Non esset Danae de Jove facta parens ;
et qu’il n’est rien naturellement si contraire à nostre goust que la satieté qui vient de l’aisance, ny rien qui l’éguise tant que la rareté et difficulté.

Mittwoch, 12. Februar 2014

Celui qui déguise la tyrannie, la protection ou même les bienfaits, sous l' air et le nom de l' amitié, me rappelle ce prêtre scélérat qui empoisonnait dans une hostie.
Wer tyrannische Absichten, Herrsucht und selbst Wohltätigkeit unter der Maske der Freundschaft verbirgt, erinnert an den verbrecherischen Priester, der mit der Hostie vergiftet.
Tout est également vain dans les hommes, leurs joies et leurs chagrins ; mais il vaut mieux que la bulle de savon soit d' or ou d' azur, que noire ou grisâtre.
Alles ist gleich eitel am Menschen, seine Freuden und seine Leiden, aber goldene und himmelblaue Seifenblasen sind doch schöner als graue.