Montag, 27. Dezember 2010

Freitag, 24. Dezember 2010

L' homme, dans l' état actuel de la société, me paraît plus corrompu par sa raison que par ses passions. Ses passions (j' entends ici celles qui appartiennent à l' homme primitif) ont conservé, dans l' ordre social, le peu de nature qu' on y retrouve encore.
"Moi, dit le cheffecier, je suis maître du chœur; qui me forcera d'aller à matines? mon prédécesseur n'y allait point: suis-je de pire condition? dois-je laisser avilir ma dignité entre mes mains, ou la laisser telle que je l'ai reçue?" - "Ce n'est point, dit l'écolâtre, mon intérêt qui me mène, mais celui de la prébende: il serait bien dur qu'un grand chanoine fût sujet au chœur, pendant que le trésorier, l'archidiacre, le pénitencier et le grand vicaire s'en croient exempts." - "Je suis bien fondé, dit le prévôt, à demander la rétribution sans me trouver à l'office: il y a vingt années entières que je suis en possession de dormir les nuits; je veux finir comme j'ai commencé, et l'on ne me verra point déroger à mon titre: que me servirait d'être à la tête d'un chapitre? mon exemple ne tire point à conséquence." Enfin c'est entre eux tous à qui ne louera point Dieu, à qui fera voir par un long usage qu'il n'est point obligé de le faire: l'émulation de ne se point rendre aux offices divins ne saurait être plus vive ni plus ardente. Les cloches sonnent dans une nuit tranquille; et leur mélodie, qui réveille les chantres et les enfants de chœur, endort les chanoines, les plonge dans un sommeil doux et facile, et qui ne leur procure que de beaux songes: ils se lèvent tard, et vont à l'église se faire payer d'avoir dormi.
On a toujours vu dans la république de certaines charges qui semblent n'avoir été imaginées la première fois que pour enrichir un seul aux dépens de plusieurs; les fonds ou l'argent des particuliers y coule sans fin et sans interruption. Dirai-je qu'il n'en revient plus ou qu'il n'en revient que tard? C'est un gouffre, c'est une mer qui reçoit les eaux des fleuves; et qui ne les rend pas; ou si elles les rend, c'est par des conduits secrets et souterrains, sans qu'il y paraisse, ou qu'elle en soit moins grosse et moins enflée; ce n'est qu'après en avoir joui longtemps, et qu'elle ne peut plus les retenir.

Freitag, 10. Dezember 2010

Samstag, 4. Dezember 2010

On ne cesse d' écrire sur l' éducation, et les ouvrages écrits sur cette matière ont produit quelques idées heureuses, quelques méthodes utiles ; ont fait, en un mot, quelque bien partiel. Mais quelle peut être, en grand, l' utilité de ces écrits, tant qu' on ne fera pas marcher de front les réformes relatives à la législation, à la religion, à l' opinion publique ? L' éducation n' ayant d' autre objet que de conformer la raison de l' enfance à la raison publique relativement à ces trois objets, quelle instruction donner tant que ces trois objets se combattent ? En formant la raison de l' enfance, que faites-vous que de la préparer à voir plus tôt l' absurdité des opinions et des moeurs consacrées par le sceau de l' autorité sacrée, publique, ou législative ; par conséquent, à lui en inspirer le mépris ?
Ce serait une chose curieuse qu' un livre qui indiquerait toutes les idées corruptrices de l' esprit humain, de la société, de la morale, et qui se trouvent développées ou supposées dans les écrits les plus célèbres, dans les auteurs les plus consacrés ; les idées qui propagent la superstition religieuse, les mauvaises maximes politiques, le despotisme, la vanité de rang, les préjugés populaires de toute espèce. On verrait que presque tous les livres sont des corrupteurs, que les meilleurs font presque autant de mal que de bien.

It would be a curious thing to see a book that pointed out all of the corrupting ideas about the human spirit, society, morality that are developed or proposed in the most celebrated books, in the most consecrated authors; ideas that propagate religious superstition, bad political maxims, despotism, the vanity of rank, and popular prejudices of every kind. One would see that nearly all books are corruptors, and that the best do nearly as much harm as good. 

Donnerstag, 2. Dezember 2010

Dienstag, 30. November 2010

Drum, ob es besser ist, den Teufel freien oder Frau,
Und wer von beiden mehr im Hause lärmt,
Das kann, wer’s wissen will, sehr wohl erfahren
Von diesem Helden.
De cettuy preux maints grands clercs ont écrit
Qu'oncques dangier n'étonna son courage:
Abusé fut par le malin esprit,
Qu'il épousa sous feminin visage.

Si piteux cas à la fin découvrit
Sans un seul brin de peur ny de dommage,
Dont grand renom par tout le monde acquit,
Si qu'on tenoit tres honneste langage
De cettuy preux.

Bien-tost après fille de Roy s'éprit
De son amour, qui voulentiers s'offrit
Au bon Richard en second mariage.

Donc s'il vaut mieux de diable ou femme avoir,
Et qui des deux bruït plus en ménage,
Ceulx qui voudront, si le pourront sçavoir
De cettuy preux.

Samstag, 20. November 2010

Si vous dites aux hommes, et surtout aux grands, qu'un tel a de la vertu, ils vous disent: "Qu'il la garde"; qu'il a bien de l'esprit, de celui surtout qui plaît et qui amuse, ils vous répondent: "Tant mieux pour lui"; qu'il a l'esprit fort cultivé, qu'il sait beaucoup, ils vous demandent quelle heure il est ou quel temps il fait. Mais si vous leur apprenez qu'il y a un Tigillin qui souffle ou qui jette en sable un verre d'eau-de-vie, et, chose merveilleuse! qui y revient à plusieurs fois en un repas, alors ils disent: "Où est-il? amenez-le-moi demain, ce soir; me l'amènerez-vous?" On le leur amène; et cet homme, propre à parer les avenues d'une foire et à être montré en chambre pour de l'argent, ils l'admettent dans leur familiarité.
Man bringt ihn mit, und diesen Mann, der zu nichts gut ist, als die Buden eines Jahrmarkts zu zieren und für Geld gezeigt zu werden, ihn nehmen sie in den engsten Kreis ihrer Vertrauten auf.

Donnerstag, 18. November 2010

Le courtisan autrefois avait ses cheveux, étaient en chausses et en pourpoint, portait de larges canons, et il était libertin. Cela ne sied plus: il porte une perruque, l'habit serré, le bas uni, et il est dévot: tout se règle par la mode.

Mittwoch, 17. November 2010

Dienstag, 16. November 2010

L' homme, dans l' état actuel de la société, me paraît plus corrompu par sa raison que par ses passions. Ses passions (j' entends ici celles qui appartiennent à l' homme primitif) ont conservé, dans l' ordre social, le peu de nature qu' on y retrouve encore.

Dienstag, 9. November 2010

Ehemals trug der Höfling die Haare frei; hatte Hosen, Wams und weite Kanonenstiefel an und scherte sich keinen Deut um die Religion; das ist nicht angängig: heute trägt er eine Perücke, Schnürrock, einfarbige Strümpfe und ist fromm: alles richtet sich nach der Mode.

Samstag, 6. November 2010

Il semble que, d' après les idées reçues dans le monde et la décence sociale, il faut qu' un prêtre, un curé croie un peu pour n' être pas hypocrite, ne soit pas sûr de son fait pour n' être pas intolérant. Le grand vicaire peut sourire à un propos contre la religion, l' évêque rire tout à fait, le cardinal y joindre son mot.

Dienstag, 2. November 2010

Sonntag, 31. Oktober 2010

Was einer in sich ist und an sich selber hat; kurz die Persönlichkeit und deren Wert, ist das alleinige Unmittelbare zu seinem Glück und Wohlsein. Alles andere ist mittelbar; daher auch dessen Wirkung vereitelt werden kann, aber die der Persönlichkeit nie. Darum eben ist der auf persönliche Vorzüge gerichtete Neid der unversöhnlichste, wie er auch der am sorgfältigsten verhehlte ist.
Was nun aber, von jenen allen, uns am unmittelbarsten beglückt, ist die Heiterkeit des Sinnes: denn diese gute Eigenschaft belohnt sich augenblicklich selbst. Wer eben fröhlich ist hat allemal Ursache es zu sein: nämlich eben diese, daß er es ist. Nichts kann so sehr, wie diese Eigenschaft, jedes andere Gut vollkommen ersetzen; während sie selbst durch nichts zu ersetzen ist. Einer sei, jung, schön, reich und geehrt; so fragt sich, wenn man sein Glück beurteilen will, ob er dabei heiter sei: ist er hingegen heiter, so ist es einerlei, ob er jung oder alt, gerade oder bucklig, arm oder reich sei; er ist glücklich.
In früher Jugend machte ich einmal ein altes Buch auf, und da stand: »wer viel lacht ist glücklich, und wer viel weint ist unglücklich« – eine sehr einfältige Bemerkung, die ich aber, wegen ihrer einfachen Wahrheit, doch nicht habe vergessen können …

Dienstag, 26. Oktober 2010

Mittwoch, 20. Oktober 2010

Chaque heure en soi comme à notre égard est unique: est-elle écoulée une fois, elle a péri entièrement, les millions de siècles ne la ramèneront pas. Les jours, les mois, les années s'enfoncent et se perdent sans retour dans l'abîme des temps; le temps même sera détruit: ce n'est qu'un point dans les espaces immenses de l'éternité, et il sera effacé. Il y a de légères et frivoles circonstances du temps qui ne sont point stables, qui passent, et que j'appelle des modes, la grandeur, la faveur, les richesses, la puissance, l'autorité, l'indépendance, le plaisir, les joies, la superfluité. Que deviendront ces modes quand le temps même aura disparu? La vertu seule, si peu à la mode, va au delà des temps.
Jede Stunde ist sowohl an sich als im Hinblick auf uns einzig: ist sie einmal verflossen, so ist sie auch gänzlich untergegangen, und Millionen Jahrhunderte können sie nicht zurückführen. Die Tage, die Monate, die Jahre stürzen in den Abgrund der Zeiten, um unwiderbringlich in ihm zu verschwinden, die Zeit selbst wird zerstört werden, sie ist nur ein Punkt in den ungeheuren Weiten der Ewigkeit und wird verlöschen. Es gibt Eintageszustände in der Zeit ohne Bestand und Dauer, Moden, Grösse, Gunst, Reichtümer, Macht, Gewalt, Unabhängigkeit, Vergnügen, Freuden, Überfluss. Was wird aus diesen Moden, wenn die Zeit selber verschwunden sein wird? Was so wenig in Mode ist, die Tugend allein, überdauert die Zeiten.
De combien de grands hommes dans les différents exercices de la paix et de la guerre aurait-on dû se passer! A quel point de perfection et de raffinement n'a-t-on pas porté de certains arts et de certaines sciences qui ne devaient point être nécessaires, et qui sont dans le monde comme des remèdes à tous les maux dont notre malice est l'unique source!
Que de choses depuis Varron, que Varron a ignorées! Ne nous suffirait-il pas même de n'être savant que comme Platon ou comme Socrate?

Mittwoch, 6. Oktober 2010

Samstag, 2. Oktober 2010

In einer Predigt, bei einer Musikaufführung oder in einer Gemäldegalerie vernimmt man zu seiner Rechten wie zu seiner Linken über diesselbe Sache die verschiedensten Urteile. Das könnte mich veranlassen zu sagen, dass man, gleichgültig in welchem Werk, Gutes und Schlechtes bringen darf: den einen gefällt das Gute, den andern das Schlechte. Man läuft nicht einmal Gefahr, wenn man das Schlimme bringt: es hat ebenfalls seine Parteigänger.
Tel à un sermon, à une musique, ou dans une galerie de peintures, a entendu à sa droite et à sa gauche, sur une chose précisément la même, des sentiments précisément opposés. Cela me ferait dire volontiers que l'on peut hasarder, dans tout genre d'ouvrages, d'y mettre le bon et le mauvais: le bon plaît aux uns, et le mauvais aux autres. L'on ne risque guère davantage d'y mettre le pire: il a ses partisans.

Dienstag, 28. September 2010

Freitag, 10. September 2010

Qu'on ne me parle jamais d'encre, de papier, de plume, de style, d'imprimeur, d'imprimerie, qu'on ne se hasarde plus de me dire: "Vous écrivez si bien, Antisthène! continuez d'écrire; ne verrons-nous point de vous un in-folio? traitez de toutes les vertus et de tous les vices dans un ouvrage suivi, méthodique, qui n'ait point de fin"; ils devraient ajouter: "et nul cours." Je renonce à tout ce qui a été, qui est et qui sera livre. Bérylle tombe en syncope à la vue d'un chat, et moi à la vue d'un livre. Suis-je mieux nourri et plus lourdement vêtu, suis-je dans ma chambre à l'abri du nord, ai-je un lit de plumes, après vingt ans entiers qu'on me débite dans la place? J'ai un grand nom, dites-vous, et beaucoup de gloire: dites que j'ai beaucoup de vent qui ne sert à rien. Ai-je un grain de ce métal qui procure toutes choses? Le vil praticien grossit son mémoire, se fait rembourser des frais qu'il n'avance pas, et il a pour gendre un comte ou un magistrat. Un homme rouge ou feuille-morte devient commis, et bientôt plus riche que son maître; il le laisse dans la roture, et avec de l'argent il devient noble. B** s'enrichit à montrer dans un cercle des marionnettes; BB** à vendre en bouteille l'eau de la rivière. Un autre charlatan arrive ici de delà les monts avec une malle; il n'est pas déchargé que les pensions courent, et il est prêt de retourner d'où il arrive avec des mulets et des fourgons. Mercure est Mercure, et rien davantage, et l'or ne peut payer ses médiations et ses intrigues: on y ajoute la faveur et les distinctions.
Et sans parler que des gains licites, on paye au tuilier sa tuile, et à l'ouvrier son temps et son ouvrage; paye-t-on à un auteur ce qu'il pense et ce qu'il écrit? et s'il pense très bien, le paye-t-on très largement? Se meuble-t-il, s'anoblit-il à force de penser et d'écrire juste? Il faut que les hommes soient habillés, qu'ils soient rasés; il faut que retirés dans leurs maisons, ils aient une porte qui ferme bien: est-il nécessaire qu'ils soient instruits? Folie, simplicité, imbécillité, continue Antisthène, de mettre l'enseigne d'auteur ou de philosophe! Avoir, s'il se peut, un office lucratif, qui rende la vie aimable, qui fasse prêter à ses amis, et donner à ceux qui ne peuvent rendre; écrire alors par jeu, par oisiveté, et comme Tityre siffle ou joue de la flûte; cela ou rien; j'écris à ces conditions, et je cède ainsi à la violence de ceux qui me prennent à la gorge, et me disent: "Vous écrirez." Ils liront pour titre de mon nouveau livre: Du Beau, Du Bon, Du Vrai, Des Idées, Du Premier Principe, par Antisthène, vendeur de marée.
Beryllus fällt in Ohnmacht beim Anblick einer Katze, ich beim Anblick eines Buches.
… dem Ziegler zahlt man seine Ziegel, und dem Arbeiter seine Zeit und seine Arbeit: zahlt man einem Schriftsteller, was er denkt und schreibt? Und wenn er besonders gut denkt, bezahlt man ihn besonders reichlich? Kann er es mit seinem Denken und Schreiben zu eigenen Möbeln oder gar zum Adel bringen?
Wahnsinn, Beschränktheit, Stumpfsinn, fährt Antisthenes fort, ein Schild als Schriftsteller oder Philosoph vor die Tür zu hängen. Ein lukratives Amt haben, wenn es möglich ist, das das Leben lebenswert macht, das in den Stand setzt, seinen Freunden zu leihen und denen zu geben, die nicht zurückzugeben vermögen; …

Sonntag, 5. September 2010

Samstag, 4. September 2010

Ne tenir dans la main de personne, être l' homme de son coeur , de ses principes, de ses sentiments : c' est ce que j' ai vu de plus rare.
Die physische Welt scheint das Werk eines mächtigen und gütigen Wesens zu sein, das einen Teil seines Plans einem bösen Geist zur Ausführung übergeben musste. Aber die geistige Welt scheint aus den Launen eines toll gewordenen Teufels entstanden.
Le monde physique paraît l' ouvrage d' un être puissant et bon, qui a été obligé d' abandonner à un être malfaisant l' exécution d' une partie de son plan. Mais le monde moral paraît être le produit des caprices d' un diable devenu fou.
Die meisten Menschen leben in der Welt, in der sie leben, so unüberlegt, sie denken so wenig, dass sie die Welt, die sie immer vor sich haben, gar nicht kennen.  
La plupart des hommes qui vivent dans le monde y vivent si étourdiment, pensent si peu, qu' ils ne connaissent pas ce monde qu' ils ont toujours sous les yeux. " Ils ne le connaissent pas, disait plaisamment M. ****, par la raison qui fait que les hannetons ne savent pas l' histoire naturelle. "

Samstag, 21. August 2010

Nous veillons dormants, et veillants dormons. Je ne voy pas si clair dans le sommeil : mais quant au veiller, je ne le trouve jamais assez pur et sans nuage. Encore le sommeil en sa profondeur, endort par fois les songes : mais nostre veiller n'est jamais si esveillé, qu'il purge et dissipe bien à poinct les resveries, qui sont les songes des veillants, et pires que songes.   
Wir wachen schlafend, und wachend schlafen wir. Ich sehe nicht so hell im Schlafe, aber das Wachen finde ich niemals rein und wolkenlos genug. Der Schlaf in seiner Tiefe schläfert wenigstens manchmal die Träume ein. Aber unser Wachen ist nie so wach, dass es gänzlich die Hirngespinste vertriebe und zerstreute, welche die Träume der Wachenden sind, und schlimmer als Träume.

Freitag, 20. August 2010

Dienstag, 17. August 2010

C'est abréger et s'épargner mille discours, que de penser de certaines gens qu'ils sont incapables de parler juste, et de condamner ce qu'ils disent, ce qu'ils ont dit, et ce qu'ils diront.
Es heisst tausendfache Erörterungen abkürzen und sich ersparen, wenn man von gewissen Leuten annimmt, dass sie unfähig sind, vernünftig zu reden, und wenn man verurteilt, was sie sagen, sagten und sagen werden.

Freitag, 6. August 2010

Il y a peu d' hommes qui se permettent un usage vigoureux et intrépide de leur raison, et osent l' appliquer à tous les objets dans toute sa force. Le temps est venu où il faut l' appliquer ainsi à tous les objets de la morale, de la politique et de la société ; aux rois, aux ministres, aux grands, aux philosophes ; aux principes des sciences, des beaux-arts, etc. : sans quoi, on restera dans la médiocrité.

Donnerstag, 5. August 2010

Dienstag, 20. Juli 2010

Ich stelle über einen grossen Politiker nur den, der es sich schenkt, einer zu werden, und sich von Tag zu Tag mehr davon überzeugt, dass die Welt es nicht verdient, dass man sich mit ihr beschäftigt.
Je ne mets au-dessus d'un grand politique que celui qui néglige de le devenir, et qui se persuade de plus en plus que le monde ne mérite point qu'on s'en occupe.

Montag, 19. Juli 2010

Sonntag, 11. Juli 2010

Kein Weg ist zu langsam für den, der langsam und ohne Überstürzung geht: kein Vorteil ist unerreichbar, wenn man ihn geduldig vorbereitet.
Il n'y a point de chemin trop long à qui marche lentement et sans se presser: il n'y a point d'avantages trop éloignés à qui s'y prépare par la patience.

Samstag, 26. Juni 2010

Niemandem den Hof machen, von niemandem erwarten, dass er uns den Hof macht: beneidenswerter Zustand, goldenes Zeitalter, natürlichste Beziehung zwischen den Menschen.
Ne faire sa cour à personne, ni attendre de quelqu’un qu’il vous fasse la sienne, douce situation, âge d’or, état de l’homme le plus naturel !
Sentez, si ce n'est par noz mains que nous la menons : à tirer comme de cire tant de figures contraires, d'une reigle si droitte et si ferme. Quand s'est il veu mieux qu'en France en noz jours ? 
Seht zu, dass sie nicht in unsern Händen zum Spielzeug wird, die wir aus einer so eindeutigen und festen Satzung wie aus Wachs so viele widersprechende Gebilde kneten. Wann war das klarer zu sehen als in Frankreich in unsern Tagen?  

Sonntag, 20. Juni 2010

Donnerstag, 10. Juni 2010

Geisteskraft und Geistesschwäche sind schlechte Namen: sie sind nur die gute oder schlechte Anlage der Organe des Körpers.  

La force et la faiblesse de l'esprit sont mal nommées; elles ne sont en effet que la bonne ou la mauvaise disposition des organes du corps.


Strength or weakness of soul are badly named; they are in fact only the good or bad disposition of the organs of our body.

Samstag, 5. Juni 2010

Freitag, 4. Juni 2010

"O temps! ô mœurs! s'écrie Héraclite, ô malheureux siècle! siècle rempli de mauvais exemples, où la vertu souffre, où le crime domine, où il triomphe! Je veux être un Lycaon, un Aegiste; l'occasion ne peut être meilleure, ni les conjonctures plus favorables, si je désire du moins de fleurir et de prospérer. Un homme dit: "Je passerai la mer, je dépouillerai mon père de son patrimoine, je le chasserai, lui, sa femme, son héritier, de ses terres et de ses Etats", et comme il l'a dit il l'a fait. Ce qu'il devait appréhender, c'était le ressentiment de plusieurs rois qu'il outrage en la personne d'un seul roi; mais ils tiennent pour lui; ils lui ont presque dit: "Passez la mer, dépouillez votre père, montrez à tout l'univers qu'on peut chasser un roi de son royaume, ainsi qu'un petit seigneur de son château, ou un fermier de sa métairie; qu'il n'y ait plus de différence entre de simples particuliers et nous; nous sommes las de ces distinctions: apprenez au monde que ces peuples que Dieu a mis sous nos pieds peuvent nous abandonner, nous trahir, nous livrer, se livrer eux-mêmes à un étranger, et qu'ils ont moins à craindre de nous que nous d'eux et de leur puissance." Qui pourrait voir des choses si tristes avec des yeux secs et une âme tranquille? Il n'y a point de charges qui n'aient leurs privilèges; il n'y a aucun titulaire qui ne parle, qui ne plaide, qui ne s'agite pour les défendre: la dignité royale seule n'a plus de privilèges; les rois eux-mêmes y ont renoncé. Un seul, toujours bon et magnanime, ouvre ses bras à une famille malheureuse. Tous les autres se liguent comme pour se venger de lui, et de l'appui qu'il donne à une cause qui leur est commune. L'esprit de pique et de jalousie prévaut chez eux à l'intérêt de l'honneur, de la religion et de leur Etat; est-ce assez? à leur intérêt personnel et domestique: il y va, je ne dis pas de leur élection, mais de leur succession, de leurs droits comme héréditaires; enfin dans tous l'homme l'emporte sur le souverain. Un prince délivrait l'Europe, se délivrait lui-même d'un fatal ennemi, allait jouir de la gloire d'avoir détruit un grand empire: il la néglige pour une guerre douteuse. Ceux qui sont nés arbitres et médiateurs temporisent; et lorsqu'ils pourraient avoir déjà employé utilement leur médiation, ils la promettent. O pâtres! continue Héraclite, ô rustres qui habitez sous le chaume et dans les cabanes! si les événements ne vont point jusqu'à vous, si vous n'avez point le cœur percé par la malice des hommes, si on ne parle plus d'hommes dans vos contrées, mais seulement de renards et de loups-cerviers, recevez-moi parmi vous à manger votre pain noir et à boire l'eau de vos citernes."
Es gibt schreckliche Leiden und fürchterliche Unglücksfälle, an die man nicht zu denken wagt, deren blosse Möglichkeit erzittern lässt: geschieht es, dass man in sie verstrickt wird, so findet man Quellen in sich, die man selbst nicht kannte; man bäumt sich gegen sein Missgeschick auf, und es geht besser, als man gehofft hatte.

Samstag, 22. Mai 2010

Donnerstag, 20. Mai 2010

Die Natur steigert sich fortwährend, zunächst vom mechanischen und chemischen Wirken des unorganischen Reiches zum Vegetabilischen und seinem dumpfen Selbstgenuß, von da zum Tierreich, mit welchem die Intelligenz und das Bewußtsein anbricht und nun von schwachen Anfängen stufenweise immer höher steigt und endlich durch den letzten und größten Schritt bis zum Menschen sich erhebt, in dessen Intellekt also die Natur den Gipfelpunkt und das Ziel ihrer Produktionen erreicht, also das Vollendetste und Schwierigste liefert, was sie hervorzubringen vermag. Selbst innerhalb der menschlichen Spezies aber stellt der Intellekt noch viele und merkliche Abstufungen dar und gelangt höchst selten zur obersten, der eigentlich hohen Intelligenz. Diese nun aber ist im engern und strengern Sinne das schwierigste und höchste Produkt der Natur, mithin das Seltenste und Wertvollste, was die Welt aufzuweisen hat. In einer solchen Intelligenz tritt das klarste Bewußtsein ein und stellt demgemäß die Welt sich deutlicher und vollständiger als irgendwo dar. Der damit Ausgestattete besitzt demnach das Edelste und Köstlichste auf Erden und hat dementsprechend eine Quelle von Genüssen, gegen welche alle übrigen gering sind, so daß er von außen nichts weiter bedarf als nur die Muße, sich dieses Besitzes ungestört zu erfreuen und keinen Diamanten auszuschleifen.
Denn alle andern, also nicht intellektuellen Genüsse sind niedrigerer Art: sie laufen sämtlich auf Willensbewegungen hinaus, also auf Wünschen, Hoffen, Fürchten und Erreichen, gleichviel auf was es gerichtet sei, wobei es nie ohne Schmerzen abgehen kann und zudem mit dem Erreichen in der Regel mehr oder weniger Enttäuschung eintritt, statt daß bei den intellektuellen Genüssen die Wahrheit immer klarer wird. Im Reiche der Intelligenz waltet kein Schmerz, sondern alles ist Erkenntnis. Alle intellektuellen Genüsse sind nun aber jedem nur vermittelst und also nach Maßgabe seiner eigenen Intelligenz zugänglich: denn: aller Geist, der in der Welt ist, nützt demjenigen nichts, der keinen hat. – Ein wirklicher, jenen Vorzug begleitender Nachteil aber ist, daß, in der ganzen Natur, mit dem Grad der Intelligenz die Fähigkeit zum Schmerze sich steigert, also ebenfalls erst hier ihre höchste Stufe erreicht.

Mittwoch, 19. Mai 2010

Der Mensch von überwiegenden Geisteskräften hingegen ist der lebhaftesten Teilnahme auf dem Wege bloßer Erkenntnis, ohne alle Einmischung des Willens, fähig, ja bedürftig: Diese Teilnahme aber versetzt ihn alsdann in eine Region, welcher der Schmerz wesentlich fremd ist, gleichsam in die Atmosphäre der leicht lebenden Götter. Während demnach das Leben der übrigen in Dumpfheit dahingeht, indem ihr Dichten und Trachten gänzlich auf die kleinlichen Interessen der persönlichen Wohlfahrt und dadurch auf Miseren aller Art gerichtet ist, weshalb unerträgliche Langeweile sie befällt, sobald die Beschäftigung mit jenen Zwecken stockt und sie auf sich selbst zurückgewiesen werden, indem nur das wilde Feuer der Leidenschaft einige Bewegung in die stockende Masse zu bringen vermag; so hat dagegen der mit überwiegenden Geisterkräften ausgestattete Mensch ein gedankenreiches, durchweg belebtes und bedeutsames Dasein: würdige und interessante Gegenstände beschäftigen ihn, sobald er sich ihnen überlassen darf, und in sich selbst trägt er eine Quelle der edelsten Genüsse. Anregung von außen geben ihm die Werke der Natur und der Anblick des menschlichen Treibens, sodann die so verschiedenartigen Leistungen der Hochbegabten aller Zeiten und Länder, als welche eigentlich nur ihm ganz genießbar, weil nur ihm ganz verständlich und fühlbar sind. Für ihn demnach haben jene wirklich gelebt, an ihn haben sie sich eigentlich gewendet; während die übrigen nur als zufällige Zuhörer eines und das andere halb auffassen. 
Ein so bevorzugter Mensch führt infolge davon, neben seinem persönlichen Leben noch ein zweites, nämlich ein intellektuelles, welches ihm allmählich zum eigentlichen Zweck wird, zu welchem er jenes erstere nur noch als Mittel ansieht: Während den übrigen dieses schale, leere und betrübte Dasein selbst als Zweck gelten muß. Jenes intellektuelle Leben wird daher ihn vorzugsweise beschäftigen, und es erhält, durch den fortwährenden Zuwachs an Einsicht und Erkenntnis, einen Zusammenhang, eine beständige Steigerung, eine sich mehr und mehr abrundende Ganzheit und Vollendung, wie ein werdendes Kunstwerk; wogegen das bloß praktische, bloß auf persönliche Wohlfahrt gerichtete, bloß eines Zuwachses in der Länge, nicht in der Tiefe fähige Leben der andern traurig absticht, dennoch ihnen, wie gesagt, als Selbstzweck gelten muß; während es Jenem bloßes Mittel ist.

Montag, 17. Mai 2010

Erwünscht ist die Trägheit des Bösen und das Schweigen des Dummkopfs.
On souhaite la paresse d' un méchant et le silence d' un sot.

Samstag, 15. Mai 2010

Combien de militaires distingués, combien d' officiers généraux sont morts, sans avoir transmis leurs noms à la postérité : en cela moins heureux que Bucéphale, et même que le dogue espagnol Bérécillo, qui dévorait les indiens de Saint-Domingue, et qui avait la paie de trois soldats !
Eh quoi ! Vous ne saisissez pas ? Rien de plus simple. Le génie, les talents, les vertus, sont des inventions du mauvais principe, d' orimane, du diable, pour mettre en évidence, pour produire au grand jour certains misérables, plébéiens reconnus, vrais roturiers, ou à peine gentilshommes.

Mittwoch, 12. Mai 2010

Montag, 10. Mai 2010

Daher affizieren dieselben äußeren Vorgänge, oder Verhältnisse, jeden ganz anders, und bei gleicher Umgebung lebt doch jeder in einer anderen Welt. Denn nur mit seinen eigenen Vorstellungen, Gefühlen und Willensbewegungen hat er es unmittelbar zu tun: die Außendinge haben nur, sofern sie diese veranlassen, Einfluß auf ihn. Die Welt, in der jeder lebt, hängt zunächst ab von seiner Auffassung derselben, richtet sich daher nach der Verschiedenheit der Köpfe: dieser gemäß wird sie arm, schal und flach, oder reich, interessant und bedeutungsvoll ausfallen. Während z. B. mancher den andern beneidet um die interessanten Begebenheiten, die ihm in seinem Leben aufgestoßen sind, sollte er ihn vielmehr um die Auffassungsgabe beneiden, welche jenen Begebenheiten die Bedeutsamkeit verlieh, die sie in seiner Beschreibung haben: denn dieselbe Begebenheit, welche in einem geistreichen Kopfe sich so interessant darstellt, würde, von einem flachen Alltagskopf aufgefaßt, auch nur eine schale Szene aus der Alltagswelt sein. Im höchsten Grade zeigte sich dies bei manchen Gedichten Goethes und Byrons, denen offenbar reale Vorgänge zugrunde liegen: ein törichter Leser ist imstande, dabei den Dichter um die allerliebste Begebenheit zu beneiden, statt um die mächtige Phantasie, welche aus einem ziemlich alltäglichen Vorfall etwas so Großes und Schönes zu machen fähig war. Desgleichen sieht der Melancholikus eine Trauerspielszene, wo der Sanguinikus nur einen interessanten Konflikt und der Phlegmatikus etwas Unbedeutendes vor sich hat.
Oder planer zu reden: Jeder steckt in seinem Bewußtsein, wie in seiner Haut, und lebt unmittelbar nur in demselben: daher ist ihm von außen nicht sehr zu helfen. Auf der Bühne spielt einer den Fürsten, ein anderer den Rat, ein dritter den Diener, oder den Soldaten, oder den General usw. Aber diese Unterschiede sind bloß im Äußeren vorhanden, im Innern, als Kern einer solchen Erscheinung, steckt bei allen dasselbe: ein armer Komödiant mit seiner Plage und Not. Im Leben ist es auch so. Die Unterschiede des Ranges und Reichtums geben jedem seine Rolle zu spielen; aber keineswegs entspricht dieser eine innere Verschiedenheit des Glücks und Behagens, sondern auch hier steckt in jedem derselbe arme Tropf mit seiner Not und Plage, die wohl dem Stoffe nach bei jedem eine andere ist, aber der Form, d. h. dem eigentlichen Wesen nach, so ziemlich bei allen dieselbe; wenn auch mit Unterschieden des Grades, die sich aber keineswegs nach Stand und Reichtum, d. h. nach der Rolle richten.
Alle Pracht und Genüsse, abgespiegelt im dumpfen Bewußtsein eines Tropfs, sind sehr arm gegen das Bewußtsein des Cervantes, als er in einem unbequemen Gefängnisse den Don Quijote schrieb.

Freitag, 7. Mai 2010

Donnerstag, 6. Mai 2010

Il y a des maux effroyables et d'horribles malheurs où l'on n'ose penser, et dont la seule vue fait frémir: s'il arrive que l'on y tombe, l'on se trouve des ressources que l'on ne se connaissait point, l'on se raidit contre son infortune, et l'on fait mieux qu'on ne l'espérait.
Il y a un temps où la raison n'est pas encore, où l'on ne vit que par instinct, à la manière des animaux, et dont il ne reste dans la mémoire aucun vestige. Il y a un second temps où la raison se développe, où elle est formée, et où elle pourrait agir, si elle n'était pas obscurcie et comme éteinte par les vices de la complexion, et par un enchaînement de passions qui se succèdent les unes aux autres, et conduisent jusques au troisième et dernier âge. La raison, alors dans sa force, devrait produire; mais elle est refroidie et ralentie par les années, par la maladie et la douleur, déconcertée ensuite par le désordre de la machine, qui est dans son déclin: et ces temps néanmoins sont la vie de l'homme.

Mittwoch, 5. Mai 2010

Souvent une opinion, une coutume commence à paraître absurde dans la première jeunesse, et, en avançant dans la vie, on en trouve la raison : elle paraît moins absurde. En faudrait-il conclure que de certaines coutumes sont moins ridicules ? On serait porté à penser quelquefois qu' elles ont été établies par des gens qui avaient lu le livre entier de la vie, et qu' elles sont jugées par des gens qui, malgré leur esprit, n' en ont lu que quelques pages.
J' ai vu des hommes qui n' étaient doués que d' une raison simple et droite, sans une grande étendue ni sans beaucoup d' élévation d' esprit ; et cette raison simple avait suffi pour leur faire mettre à leur place les vanités et les sottises humaines, pour leur donner le sentiment de leur dignité personnelle, leur faire apprécier ce même sentiment dans autrui. J' ai vu des femmes à peu près dans le même cas, qu' un sentiment vrai, éprouvé de bonne heure, avait mises au niveau des mêmes idées. Il suit de ces deux observations que ceux qui mettent un grand prix à ces vanités, à ces sottises humaines, sont de la dernière classe de notre espèce.
La philosophie, ainsi que la médecine, a beaucoup de drogues, très peu de bons remèdes, et presque point de spécifiques.

Samstag, 24. April 2010

Freitag, 16. April 2010

On veut quelquefois cacher ses faibles, ou en diminuer l'opinion par l'aveu libre que l'on en fait. Tel dit: "Je suis ignorant", qui ne sait rien; un homme dit: "Je suis vieux", il passe soixante ans; un autre encore: "Je ne suis pas riche", et il est pauvre.
La modestie n'est point, ou est confondue avec une chose toute différente de soi, si on la prend pour un sentiment intérieur qui avilit l'homme à ses propres yeux, et qui est une vertu surnaturelle qu'on appelle humilité. L'homme, de sa nature, pense hautement et superbement de lui-même, et ne pense ainsi que de lui-même: la modestie ne tend qu'à faire que personne n'en souffre; elle est une vertu du dehors, qui règle ses yeux, sa démarche, ses paroles, son ton de voix, et qui le fait agir extérieurement avec les autres comme s'il n'était pas vrai qu'il les compte pour rien.

Sonntag, 28. März 2010

" N' as-tu pas honte de vouloir parler mieux que tu ne peux ? " disait Sénèque à l' un de ses fils, qui ne pouvait trouver l' exorde d' une harangue qu' il avait commencée. On pourrait dire de même à ceux qui adoptent des principes plus forts que leur caractère : " n' as-tu pas honte de vouloir être philosophe plus que tu ne peux ? "
Si l' on avait dit à Adam, le lendemain de la mort d' Abel, que dans quelques siècles il y aurait des endroits où, dans l' enceinte de quatre lieues carrées, se trouveraient réunis et amoncelés sept ou huit cent mille hommes, aurait-il cru que ces multitudes pussent jamais vivre ensemble ? Ne se serait-il pas fait une idée encore plus affreuse de ce qui s' y commet de crimes et de monstruosités ? C' est la réflexion qu' il faut faire pour se consoler des abus attachés à ces étonnantes réunions d' hommes.

Samstag, 27. März 2010

Freitag, 26. März 2010

Le monde est plein de gens qui faisant intérieurement et par habitude la comparaison d'eux-mêmes avec les autres, décident toujours en faveur de leur propre mérite, et agissent conséquemment.
Vous dites qu'il faut être modeste, les gens bien nés ne demandent pas mieux: faites seulement que les hommes n'empiètent pas sur ceux qui cèdent par modestie, et ne brisent pas ceux qui plient.
De même l'on dit: "Il faut avoir des habits modestes." Les personnes de mérite ne désirent rien davantage; mais le monde veut de la parure, on lui en donne; il est avide de la superfluité, on lui en montre. Quelques-uns n'estiment les autres que par de beau linge ou par une riche étoffe; l'on ne refuse pas toujours d'être estimé à ce prix. Il y a des endroits où il faut se faire voir: un galon d'or plus large ou plus étroit vous fait entrer ou refuser.

Samstag, 20. März 2010

Il y a, on ne peut le nier, quelques grands caractères dans l' histoire moderne ; et on ne peut comprendre comment ils se sont formés : ils y semblent comme déplacés ; ils y sont comme des cariatides dans un entresol.

Freitag, 19. März 2010

Nachsichtige Verachtung mit dem Sarkasmus der Heiterkeit zu verbinden : das ist die beste Philosophie für die Welt.
La meilleure philosophie, relativement au monde, est d' allier, à son égard, le sarcasme de la gaieté avec l' indulgence du mépris.

Mittwoch, 17. März 2010

Dienstag, 16. März 2010

Aus seiner Individualität kann keiner heraus. Und wie das Tier unter allen Verhältnissen, in die man es setzt, auf den engen Kreis beschränkt bleibt, den die Natur seinem Wesen unwiderruflich gezogen hat, weshalb z. B. unsere Bestrebungen, ein geliebtes Tier zu beglücken, eben wegen jener Grenzen seines Wesens und Bewußtseins, stets innerhalb enger Schranken sich halten müssen; – so ist es auch mit dem Menschen: durch seine Individualität ist das Maß seines möglichen Glückes zum Voraus« bestimmt.
Besonders haben die Schranken seiner Geisteskräfte seine Fähigkeit für erhöhten Genuß ein für allemal festgestellt. Sind sie eng, so werden alle Bemühungen von außen, alles was Menschen, alles was das Glück für ihn tut, nicht vermögen, ihn über das Maß des gewöhnlichen, halb tierischen Menschenglücks und Behagens hinauszuführen: auf Sinnengenuß, trauliches und heiteres Familienleben, niedrige Geselligkeit und vulgären Zeitvertreib bleibt er angewiesen: sogar die Bildung vermag im ganzen, zur Erweiterung jenes Kreises, nicht gar viel, wenngleich etwas. Denn die höchsten, die mannigfaltigsten und die anhaltendsten Genüsse sind die geistigen; wie sehr auch wir, in der Jugend, uns darüber täuschen mögen; diese aber hängen hauptsächlich von der geistigen Kraft ab.
Hieraus also ist klar, wie sehr unser Glück abhängt von dem, was wir sind, von unserer Individualität; während man meistens nur unser Schicksal nur das, was wir haben, oder was wir vorstellen, in Anschlag bringt. Das Schicksal aber kann sich bessern: zudem wird man, bei innerem Reichtum, von ihm nicht viel verlangen: hingegen ein Tropf bleibt ein Tropf, ein stumpfer Klotz ein stumpfer Klotz, bis an sein Ende, und wäre er im Paradiese und von Huris umgeben.
Ein aus vollkommener Gesundheit und glücklicher Organisation hervorgehendes, ruhiges und heiteres Temperament, ein klarer, lebhafter, eindringender und richtig fassender Verstand, ein gemäßigter, sanfter Wille und demnach ein gutes Gewissen, dies sind Vorzüge, die kein Rang oder Reichtum ersetzen kann. Denn was einer für sich selbst ist, was ihn in die Einsamkeit begleitet und was keiner ihm geben, oder nehmen kann, ist offenbar für ihn wesentlicher, als alles, was er besitzen, oder auch, was er in den Augen anderer sein mag. Ein geistreicher Mensch hat in gänzlicher Einsamkeit, an seinen eigenen Gedanken und Phantasien vortreffliche Unterhaltung, während von einem Stumpfen die fortwährende Abwechslung von Gesellschaften, Schauspielen, Ausfahrten und Lustbarkeiten, die marternde Langeweile nicht abzuwehren vermag.

Mittwoch, 10. März 2010

Donnerstag, 25. Februar 2010

Montag, 22. Februar 2010

Wir suchen unser Glück ausser uns selbst, in der Meinung der Menschen, die wir als schmeichlerisch, unaufrichtig, ungerecht, neidisch, launenhaft und vorurteilsvoll kennen. Welch närrischer Einfall!
Nous cherchons notre bonheur hors de nous-mêmes, et dans l'opinion des hommes, que nous connaissons flatteurs, peu sincères, sans équité, pleins d'envie, de caprices et de préventions. Quelle bizarrerie!

Mittwoch, 10. Februar 2010

Der Gesundheit zum Teil verwandt ist die Schönheit. Wenn gleich dieser subjektive Vorzug nicht eigentlich unmittelbar zu unserm Glücke beiträgt, sondern bloß mittelbar, durch den Eindruck auf andere; so ist es doch von großer Wichtigkeit, auch im Manne. Schönheit ist ein offener Empfehlungsbrief, der die Herzen zum Voraus für uns gewinnt, daher gilt besonders von ihr der homerische Vers:
Nicht zu verachten sind der Götter herrliche Gaben,
Die sie allein nur verleihen, die keiner erwirbt nach Belieben.
Die Natur hat, in ihren Tagen, seltsame Käuze hervorgebracht, einige, die stets aus ihren Äugelein vergnügt hervorgucken und wie Papageien über einen Dudelsackspieler lachen, und andere von so sauertöpfischem Ansehn, daß sie ihre Zähne nicht durch ein Lächeln bloßlegen, wenn auch Nestor selbst schwüre, der Spaß sei lachenswert.
Weil nun auch das Genie durch ein Übermaß der Nervenkraft, also der Sensibilität, bedingt ist; so hat Aristoteles ganz richtig bemerkt, daß alle ausgezeichnete und überlegene Menschen melancholisch seien. Alle diejenigen, die Ausgezeichnetes leisten, sei es nun in der Philosophie, der Politik, der Dichtkunst, oder den bildenden Künsten, scheinen Melancholiker zu sein.

Mittwoch, 3. Februar 2010

Dies eben besagt Epiktets: Nicht die Dinge, sondern die Meinungen über die Dinge erregen die Menschen.

Dienstag, 2. Februar 2010

Samstag, 30. Januar 2010

La pensée console de tout et remédie à tout. Si quelquefois elle vous fait du mal, demandez-lui le remède du mal qu' elle vous a fait, et elle vous le donnera.
On croit le sourd malheureux dans la société. N' est-ce pas un jugement prononcé par l' amour-propre de la société, qui dit : " Cet homme-là n' est-il pas trop à plaindre de n' entendre pas ce que nous disons ? "
Il faut qu' il y ait de tout dans le monde ; il faut que, même dans les combinaisons factices du système social, il se trouve des hommes qui opposent la nature à la société, la vérité à l' opinion, la réalité à la chose convenue. C' est un genre d' esprit et de caractère fort piquant, et dont l' empire se fait sentir plus souvent qu' on ne croit. Il y a des gens à qui on n' a besoin que de présenter le vrai, pour qu' ils y courent avec une surprise naïve et intéressante. Ils s' étonnent qu' une chose frappante (quand on sait la rendre telle) leur ait échappé jusqu' alors.

Freitag, 29. Januar 2010

Il semble que l'on ne puisse rire que des choses ridicules: l'on voit néanmoins de certaines gens qui rient également des choses ridicules et de celles qui ne le sont pas. Si vous êtes sot et inconsidéré, et qu'il vous échappe devant eux quelque impertinence, ils rient de vous; si vous êtes sage, et que vous ne disiez que des choses raisonnables, et du ton qu'il les faut dire, ils rient de même.
Ceux qui nous ravissent les biens par la violence ou par l'injustice, et qui nous ôtent l'honneur par la calomnie, nous marquent assez leur haine pour nous; mais ils ne nous prouvent pas également qu'ils aient perdu à notre égard toute sorte d'estime: aussi ne sommes-nous pas incapables de quelque retour pour eux, et de leur rendre un jour notre amitié. La moquerie au contraire est de toutes les injures celle qui se pardonne le moins; elle est le langage du mépris, et l'une des manières dont il se fait le mieux entendre; elle attaque l'homme dans son dernier retranchement, qui est l'opinion qu'il a de soi-même; elle veut le rendre ridicule à ses propres yeux; et ainsi elle le convainc de la plus mauvaise disposition où l'on puisse être pour lui, et le rend irréconciliable.
C'est une chose monstrueuse que le goût et la facilité qui est en nous de railler, d'improuver et de mépriser les autres; et tout ensemble la colère que nous ressentons contre ceux qui nous raillent, nous improuvent et nous méprisent.

Donnerstag, 28. Januar 2010

Montag, 25. Januar 2010

C' est une belle allégorie, dans la bible, que cet arbre de la science du bien et du mal qui produit la mort. Cet emblème ne veut-il pas dire que, lorsqu' on a pénétré le fond des choses, la perte des illusions amène la mort de l' âme, c' est-à-dire un désintéressement complet sur tout ce qui touche et occupe les autres hommes ?
Il faut qu' un honnête homme ait l' estime publique sans y avoir pensé, et, pour ainsi dire, malgré lui. Celui qui l' a cherchée donne sa mesure.
J' ai lu, dans je ne sais quel voyageur, que certains sauvages de l' Afrique croient à l' immortalité de l' âme. Sans prétendre expliquer ce qu' elle devient, ils la croient errante, après la mort, dans les broussailles qui environnent leurs bourgades, et la cherchent plusieurs matinées de suite. Ne la trouvant pas, ils abandonnent cette recherche, et n' y pensent plus. C' est à peu près ce que nos philosophes ont fait, et avaient de meilleur à faire.

Montag, 18. Januar 2010

Sonntag, 10. Januar 2010

Denn was der Reichtum über die Befriedigung der wirklichen und natürlichen Bedürfnisse hinaus noch leisten kann, ist von geringem Einfluß auf unser eigentliches Wohlbehagen: vielmehr wird dieses gestört durch die vielen und unvermeidlichen Sorgen, welche die Erhaltung eines großen Besitzes herbeiführt. Dennoch aber sind die Menschen tausendmal mehr bemüht, sich Reichtum, als Geistesbildung zu erwerben; während doch «ganz gewiß was man ist viel mehr zu unserm Glücke beiträgt, als was man hat.
Die Leere ihres Innern, das Fade ihres Bewußtseins, die Armut ihres Geistes treibt sie zur Gesellschaft, die nun aber aus eben solchen besteht; weil: jeder erfreut sich an seinesgleichen. Da wird dann gemeinschaftlich Jagd gemacht auf Kurzweil und Unterhaltung, die sie zunächst in sinnlichen Genüssen, in Vergnügen jeder Art und endlich in Ausschweifungen suchen.
Das einzige, was in dieser Hinsicht in unserer Macht steht, ist, daß wir die gegebene Persönlichkeit zum möglichsten Vorteile benutzen, demnach nur die ihr entsprechenden Bestrebungen verfolgen und uns um die Art von Ausbildung bemühen, die ihr gerade angemessen ist, jede andere aber meiden, folglich den Stand, die Beschäftigung, die Lebensweise wählen, welche zu ihr passen.
Als in ähnlicher Absicht, wie gegenwärtige Aphorismen, abgefaßt, ist mir nur das sehr lesenswerte Buch des Cardanus de utilitate ex adversis capienda (Vom Nutzen des Unglücks) erinnerlich, durch welches man also das hier gegebene vervollständigen kann. Zwar hat auch Aristoteles dem 5. Kapitel des 1. Buches seiner Rhetorik eine kurze Eudämonologie eingeflochten: sie ist jedoch sehr nüchtern ausgefallen. Benutzt habe ich diese Vorgänger nicht; da Kompilieren nicht meine Sache ist; und um so weniger, als durch dasselbe die Einheit der Ansicht verloren geht, welche die Seele der Werke dieser Art ist. – Im allgemeinen freilich haben die Weisen aller Zeiten immer dasselbe gesagt, und die Toren, d. h. die unermeßliche Majorität aller Zeiten, haben immer dasselbe, nämlich das Gegenteil, getan: und so wird es denn auch ferner bleiben. Darum sagt Voltaire: nous laisserons ce monde-ci aussi sot et aussi méchant que nous l'avons trouvé en y arrivant.


 

Freitag, 8. Januar 2010

Donnerstag, 7. Januar 2010

Les petits sont quelquefois chargés de mille vertus inutiles; ils n'ont pas de quoi les mettre en œuvre.
Quelques hommes, dans le cours de leur vie, sont si différents d'eux-mêmes par le cœur et par l'esprit qu'on est sûr de se méprendre, si l'on en juge seulement par ce qui a paru d'eux dans leur première jeunesse. Tels étaient pieux, sages, savants, qui par cette mollesse inséparable d'une trop riante fortune, ne le sont plus. L'on en sait d'autres qui ont commencé leur vie par le plaisirs et qui ont mis ce qu'ils avaient d'esprit à les connaître, que les disgrâces ensuite ont rendus religieux, sages, tempérants: ces derniers sont pour l'ordinaire de grands sujets, et sur qui l'on peut faire beaucoup de fond; ils ont une probité éprouvée par la patience et par l'adversité; ils entent sur cette extrême politesse que le commerce des femmes leur a donnée, et dont ils ne se défont jamais, un esprit de règle, de réflexion, et quelquefois une haute capacité, qu'ils doivent à la chambre et au loisir d'une mauvaise fortune.
Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls: de là le jeu, le luxe, la dissipation, le vin, les femmes, l'ignorance, la médisance, l'envie, l'oubli de soi-même et de Dieu.