Mittwoch, 28. Mai 2025

 

Mettez l’autorité, les plaisirs et l’oisiveté d’un côté, la dépendance, les soins et la misère de l’autre : ou ces choses sont déplacées par la malice des hommes, ou Dieu n’est pas Dieu.

Une certaine inégalité dans les conditions, qui entretient l’ordre et la subordination, est l’ouvrage de Dieu, ou suppose une loi divine : une trop grande disproportion, et telle qu’elle se remarque parmi les hommes, est leur ouvrage, ou la loi des plus forts.

 

Si vous faites cette supposition, que tous les hommes qui peuplent la terre sans exception soient chacun dans l’abondance, et que rien ne leur manque, j’infère de là que nul homme qui est sur la terre n’est dans l’abondance, et que tout lui manque. Il n’y a que deux sortes de richesses, et auxquelles les autres se réduisent, l’argent et les terres : si tous sont riches, qui cultivera les terres, et qui fouillera les mines ? Ceux qui sont éloignés des mines ne les fouilleront pas, ni ceux qui habitent des terres incultes et minérales ne pourront pas en tirer des fruits. On aura recours au commerce, et on le suppose ; mais si les hommes abondent de biens, et que nul ne soit dans le cas de vivre par son travail, qui transportera d’une région à une autre les lingots ou les choses échangées ? qui mettra des vaisseaux en mer ? qui se chargera de les conduire ? qui entreprendra des caravanes ? On manquera alors du nécessaire et des choses utiles. S’il n’y a plus de besoins, il n’y a plus d’arts, plus de sciences, plus d’inventions, plus de mécanique. D’ailleurs cette égalité de possessions et de richesses en établit une autre dans les conditions, bannit toute subordination, réduit les hommes à se servir eux-mêmes, et à ne pouvoir être secourus les uns des autres, rend les lois frivoles et inutiles, entraîne une anarchie universelle, attire la violence, les injures, les massacres, l’impunité.

Si vous supposez au contraire que tous les hommes sont pauvres, en vain le soleil se lève pour eux sur l’horizon, en vain il échauffe la terre et la rend féconde, en vain le ciel verse sur elle ses influences, les fleuves en vain l’arrosent et répandent dans les diverses contrées la fertilité et l’abondance ; inutilement aussi la mer laisse sonder ses abîmes profonds, les rochers et les montagnes s’ouvrent pour laisser fouiller dans leur sein et en tirer tous les trésors qu’ils y renferment. Mais si vous établissez que de tous les hommes répandus dans le monde, les uns soient riches et les autres pauvres et indigents, vous faites alors que le besoin rapproche mutuellement les hommes, les lie, les réconcilie : ceux-ci servent, obéissent, inventent, travaillent, cultivent, perfectionnent ; ceux-là jouissent, nourrissent, secourent, protègent, gouvernent : tout ordre est rétabli, et Dieu se découvre.

Montag, 26. Mai 2025

Sonntag, 25. Mai 2025

 

Il n'y a point d'éloges qu'on ne donne à la prudence; cependant elle ne sauroit nous assurer du moindre évènement.

 

Every praise is given to prudence; meanwhile, it isn't able to assure us of the smallest outcome.

 

Kein Lob, das man nicht der Klugheit spendet, und doch kann sie nicht einmal den Erfolg der geringsten Sache verbürgen.

Freitag, 23. Mai 2025


 

 

La noblesse expose sa vie pour le salut de l’Etat et pour la gloire du souverain ; le magistrat décharge le prince d’une partie du soin de juger les peuples : voilà de part et d’autre des fonctions bien sublimes et d’une merveilleuse utilité ; les hommes ne sont guère capables de plus grandes choses, et je ne sais d’où la robe et l’épée ont puisé de quoi se mépriser réciproquement.

Dienstag, 20. Mai 2025

 

Pendant que les grands négligent de rien connaître, je ne dis pas seulement aux intérêts des princes et aux affaires publiques, mais à leurs propres affaires ; qu’ils ignorent l’économie et la science d’un père de famille, et qu’ils se louent eux-mêmes de cette ignorance ; qu’ils se laissent appauvrir et maîtriser par des intendants ; qu’ils se contentent d’être gourmets ou coteaux, d’aller chez Thaïs ou chez Phryné, de parler de la meute et de la vieille meute, de dire combien il y a de postes de Paris à Besançon, ou à Philisbourg, des citoyens s’instruisent du dedans et du dehors d’un royaume, étudient le gouvernement, deviennent fins et politiques, savent le fort et le faible de tout un État, songent à se mieux placer, se placent, s’élèvent, deviennent puissants, soulagent le prince d’une partie des soins publics. Les grands, qui les dédaignaient, les révèrent : heureux s’ils deviennent leurs gendres.

 Während die Großen es versäumen, sich Kenntnisse anzueignen, nicht nur im Interesse der Fürsten oder der öffentlichen Angelegenheiten, sondern auch ihrem eigenen, während sie nichts von der Sparsamkeit und der Einsicht eines Familienvaters wissen und sich noch dazu mit dieser Unwissenheit brüsten, während sie sich durch Verwalter ausnutzen und bevormunden lassen, während sie sich damit begnügen, Feinschmecker zu sein, zu Thais und Phryne zu gehen, von der ersten und zweiten Meute zu sprechen, die Zahl der Poststationen von Paris nach Besançon oder Philiposburg zu wissen, unterrichten sich Bürger draußen und drinnen im Königreich, studieren die Regierung, werden klug und politisch, kennen die starken und die schwachen Seiten eines ganzen Staates, sinnen darauf, anzukommen, kommen an, bringen sich in die Höhe, werden mächtig, nehmen den Fürsten einen Teil der öffentlichen Lasten ab. Die Großen, die sie verachteten, verehren sie nun: sie sind glücklich, wenn sie ihre Schwiegersöhne werden dürfen. 

Sonntag, 11. Mai 2025

Es gibt Elend auf der Welt, das das Herz ergreift; manchen Leuten fehlt alles, bis auf die Nahrung, sie zagen vor dem Winter, sie fürchten sich zu leben. Anderswo isst man frühreife Früchte. Man tut der Erde und den Jahreszeiten Gewalt an, damit sie den anspruchsvollen Gaumen opfern; einfache Bürger haben, nur weil sie reich waren, die Kühnheit gehabt, mit einem einzigen Bissen die Nahrung von hundert Familien zu verzehren. Widersetze sich, wer will, so großen Extremen: ich mag, wenn ich es kann, weder unglücklich noch glücklich sein, ich schütze mich durch Mittelmäßigkeit, ich flüchte mich in sie.

Montag, 5. Mai 2025




 

 

Auf dem Feld kann man gewisse menschenscheue Tiere männlicher und weiblicher Art sehen; sie sind schwarz, fahl und von der Sonne ganz verbrannt, über die Erde gebeugt, die sie mit einer unbesieglichen Hartnäckigkeit durchwühlen; Sie haben etwas wie eine artikulierte Stimme, Schatz und wenn sie sich aufrichten, zeigen sie ein menschliches Antlitz; und wirklich, sie sind auch Menschen. Nachts ziehen sie sich in Schlupfwinkel zurück, wo sie von schwarzem Brot, Wasser und Wurzeln leben; sie ersparen den übrigen Menschen die Mühe zu säen, den Boden zu bestellen und die Früchte zu ernten, und verdienten, dass sie des Brotes nicht ermangeln müssen, das sie gesät haben.