Vielleicht muss man die Liebe gefühlt haben, um
die Freundschaft richtig zu erkennen.
Dienstag, 27. Dezember 2016
Sonntag, 11. Dezember 2016
J’ay retenu à ce propos un merveilleux exemple de l’antiquité. Piso,
personnage par tout ailleurs de notable vertu, s’estant esmeu contre un sien
soldat dequoy, revenant seul du fourrage, il ne luy sçavoit rendre compte où il
avoit laissé un sien compaignon, tint pour averé qu’il l’avoit tué, et le
condamna soudain à la mort. Ainsi qu’il estoit au gibet, voicy arriver ce
compaignon esgaré. Toute l’armée en fit grand feste, et, apres force caresses
et accolades des deux compaignons, le bourreau meine l’un et l’autre en la
presence de Piso, s’attendant bien toute l’assistance que ce luy seroit à
luy-mesmes un grand plaisir. Mais ce fut au rebours : car, par honte et despit,
son ardeur qui estoit encore en son effort, se redoubla ; et, d’une
subtilité que sa passion luy fournit soudain, il en fit trois coulpables par ce
qu’il en avoit trouvé un innocent, et les fist depescher tous trois : le
premier soldat, par ce qu’il y avoit arrest contre luy ; le second qui
s’estoit escarté, par ce qu’il estoit cause de la mort de son compaignon ;
et le bourreau, pour n’avoir obey au commandement qu’on luy avoit fait.
Samstag, 3. Dezember 2016
Freitag, 2. Dezember 2016
L’orateur Celius estoit merveilleusement cholere de sa nature. A un qui
souppoit en sa compaignie, homme de molle et douce conversation et qui, pour ne
l’esmouvoir, prenoit party d’approuver tout ce qu’il disoit et d’y consentir,
luy, ne pouvant souffrir son chagrin se passer ainsi sans aliment : Nie
moy donc quelque chose, de par les Dieux ! fit-il, affin que nous soyons
deux. Elles de mesmes ne se courroucent qu’affin qu’on se
contre-courrouce, à l’imitation des loix de l’amour.
Du plus cholere homme de France (et c’est tousjours imperfection, mais
plus excusable à un homme militaire, car en cet exercice il y a certes des
parties qui ne s’en peuvent passer) je dy souvent que c’est le plus patient
homme que je cognoisse à brider sa cholere : elle l’agite de telle
violence et fureur,
magno veluti cum flamma sonore
Virgea suggeritur costis undantis aheni,
Exultantque aestu latices ; furit intus aquaï
Fumidus atque alte spumis exuberat amnis ;
Nec jam se capit unda ; volat vapor ater ad auras,
qu’il faut qu’il se contraingne cruellement pour la moderer. Et pour
moy, je ne sçache passion pour laquelle couvrir et soustenir je peusse faire un
tel effort. Je ne voudrois mettre la sagesse à si haut pris. Je ne regarde pas
tant ce qu’il faict que combien il luy couste à ne faire pis.
Dienstag, 15. November 2016
How horribly difficult for a man who has no eulogist and is part of no
cabal, who does not belong to any clique, but who is alone, and who only has a
great deal of merit to recommend him, to break through the obscurity that he
finds himself in and to reach the level of a conceited fool who has influence!
Tout persuadé que je
suis que ceux que l'on choisit pour de différents emplois, chacun selon son
génie et sa profession, font bien, je me hasarde de dire qu'il se peut faire
qu'il y ait au monde plusieurs personnes, connues ou inconnues, que l'on
n'emploie pas, qui feraient très bien; et je suis induit à ce sentiment par le
merveilleux succès de certaines gens que le hasard seul a placés, et de qui
jusques alors on n'avait pas attendu de fort grandes choses.
Combien d'hommes admirables, et qui avaient de
très beaux génies, sont morts sans qu'on en ait parlé! Combien vivent encore
dont on ne parle point, et dont on ne parlera jamais!
As persuaded as I am
that the people who are chosen for different jobs, each according to his genius
and profession, do well, I dare say that there are many people in the world,
known or unknown, who are not employed and who would also do very well; and I
am lead to this feeling by the marvelous success of certain people whom chance
alone gave positions, and from whom no one had expected very great things until
then.
How many admirable
men, who had very beautiful spirits, are dead and are not spoken of! How many
are still living whom people never speak about and never will!
Donnerstag, 10. November 2016
Donnerstag, 27. Oktober 2016
Sonntag, 16. Oktober 2016
Aus
diesem allen nun folgt, daß der am besten daran ist, der nur auf sich selbst
gerechnet hat und sich selber alles in allem sein kann; sogar sagt Cicero:
Jeder muß ganz glücklich sein, der nur von sich abhängt und in sich sein
Genügen findet. Zudem, je mehr einer an sich selber hat desto weniger können
andere ihm sein. Ein gewisses Gefühl von Allgenügsamkeit ist es, welches die
Leute von innerm Wert und Reichtum abhält, der Gemeinschaft mit andern die
bedeutenden Opfer, welche sie verlangt, zu bringen, geschweige dieselbe, mit
merklicher Selbstverleugung, zu suchen.
Das
Gegenteil hiervon macht die gewöhnlichen Leute so gesellig und akkommodant: es
wird ihnen nämlich leichter, andere zu ertragen, als sich selbst. Noch kommt
hinzu, daß was wirklichen Wert hat in der Welt nicht geachtet wird, und was
geachtet wird keinen Wert hat. Hiervon ist die Zurückgezogenheit jedes Würdigen
und Ausgezeichneten der Beweis und die Folge.
Diesem
allen nach wird es in dem, der etwas rechtes an sich selber hat, echte
Lebensweisheit sein, wenn er, erforderlichenfalls seine Bedürfnisse
einschränkt, um nur seine Freiheit zu wahren, oder zu erweitern, und demnach
mit seiner Person, da sie unvermeidliche Verhältnisse zur Menschenwelt hat, so
kurz wie möglich sich abfindet.
Montag, 3. Oktober 2016
Dienstag, 6. September 2016
Mittwoch, 24. August 2016
It is amusing that the phrase to know a woman means to have slept with
her, and this in many ancient languages, whose people had the simplest mores
and the closest to nature; as if a person doesn't know a woman at all without
this. If our ancestors made this discovery, they were much more advanced than
we know.
Il est plaisant que le mot, connaître une femme, veuille dire,
coucher avec une femme, et cela dans plusieurs langues anciennes, dans les
mœurs les plus simples, les plus approchantes de la nature; comme si on ne
connaissait point une femme sans cela. Si les patriarches avaient fait cette
découverte, ils étaient plus avancés qu'on ne croit.
Montag, 1. August 2016
Un autre se vantoit à moy du reglement et douceur de ses meurs, qui est,
à la verité, singuliere. Je luy disois que c’estoit bien quelque chose,
notamment à ceux comme luy d’eminente qualité sur lesquels chacun a les yeux,
de se presenter au monde tousjours bien temperez ; mais que le principal estoit
de prouvoir au dedans et à soy-mesme, et que ce n’estoit pas, à mon gré, bien
mesnager ses affaires que de se ronger interieurement : ce que je
craingnois qu’il fit, pour maintenir ce masque et cette reglée apparence par le
dehors.
Je conseille qu’on donne plustost une buffe à la joue de son valet, un
peu hors de saison, que de geiner sa fantasie pour representer cette sage
contenance ; et aymerois mieux produire mes passions que de les couver à
mes despens : elles s’alanguissent en s’esvantant et en s’exprimant ;
il vaut mieux que leur poincte agisse au dehors que de la plier contre nous.
Donnerstag, 21. Juli 2016
Par fois m’advient il aussi de representer le courroussé, pour le
reiglement de ma maison, sans aucune vraye emotion. A mesure que l’aage me rend
les humeurs plus aigres, j’estudie à m’y opposer, et feray, si je puis, que je
seray dores en advant d’autant moins chagrin et difficile que j’auray plus
d’excuse et d’inclination à l’estre, quoy que par-cy devant je l’aye esté entre
ceux qui le sont le moins.
Zuweilen unterläuft es mir auch, ohne jede wirkliche Erregung um der
guten Ordnung meines Hauswesens willen den Erzürnten zu spielen. In dem Masse,
in dem mir das Alter allmählich die Säfte versauert, bestrebe ich mich, ihm zu
widerstehen, und werde dafür sorgen, wenn ich es kann, dass ich fortan um so
weniger sauertöpfisch und empfindlich sei, je mehr Entschuldigung und Neigung
ich habe, es zu sein, wiewohl ich schon bis dahin zu denen gehört habe, die es
am wenigsten sind.
Dienstag, 19. Juli 2016
Samstag, 2. Juli 2016
Es gibt, wenn ich es
sagen darf, untergeordnete und subalterne Geister, die nur gemacht zu sein
scheinen, um ein Sammellager, Inhaltsverzeichnis, Stapelplatz der Zeugnisse der
grossen Talente zu sein: sie sind Ausschreiber, Übersetzer, Zusammenträger; sie
denken nicht, sie sagen, was die andern gedacht haben.
There are, if I dare say it, inferior and subordinate spirits who seem
to be made only to collect, register and store all the productions of other
geniuses: they are plagiarists, translators and compilers; they do not think at
all, they say what authors have thought; and since the ability to distinguish
and choose between thoughts requires invention, they do so badly, with little
justice, in a way that shows they rather bring many things together than
excellent ones; they have nothing original that belongs to them; they only know
what they have learned and have only learned what no one wants to know, an arid
science, devoid of charm and utility, which is never mentioned in conversation,
which is out of use, like a money that has no currency at all: one is at once
amazed at what they have read and annoyed or bored by what they say and the
works they write. People in power and people who are vulgar confound them with
savants, and people who are wise recognize them as pedants.
Il y a des esprits, si je l'ose dire, inférieurs et subalternes, qui ne
semblent faits que pour être le recueil, le registre, ou le magasin de toutes
les productions des autres génies: ils sont plagiaires, traducteurs,
compilateurs; ils ne pensent point, ils disent ce que les auteurs ont pensé; et
comme le choix des pensées est invention, ils l'ont mauvais, peu juste, et qui
les détermine plutôt à rapporter beaucoup de choses, que d'excellentes choses;
ils n'ont rien d'original et qui soit à eux; ils ne savent que ce qu'ils ont
appris, et ils n'apprennent que ce que tout le monde veut bien ignorer, une
science aride, dénuée d'agrément et d'utilité, qui ne tombe point dans la
conversation, qui est hors de commerce, semblable à une monnaie qui n'a point
de cours: on est tout à la fois étonné de leur lecture et ennuyé de leur
entretien ou de leurs ouvrages. Ce sont ceux que les grands et le vulgaire
confondent avec les savants, et que les sages renvoient au pédantisme.
Donnerstag, 9. Juni 2016
Man sehe das starre
Entsetzen, mit welchem ein Todesurteil vernommen wird, das tiefe Grausen, mit
welchem wir die Anstalten zu dessen Vollziehung erblicken, und das
herzzerreißende Mitleid, welches uns bei dieser selbst ergreift. An solchen
Erscheinungen wird sichtbar, dass der Wille zum Leben das Allerrealste, ja, der
Kern der Realität selbst ist.
Der Galgen ist ein Ort ganz besonderer
Offenbarungen und eine Warte, von welcher aus dem Menschen, der daselbst seine
Besinnung behält, die Aussichten in die Ewigkeit sich oft weiter auftun und
deutlicher darstellen, als den meisten Philosophen über den Paragraphen ihrer
rationalen Psychologie und Theologie. Dies geht aus den uns aufbewahrten, von
Verbrechern gehaltenen Galgenpredigten hervor, welche zeigen, welche große und
schnelle Umwälzung des innersten Wesens in Menschen da eintritt, wo er bei
vollem Bewusstsein einem gewaltsamen und gewissen Tode entgegengeht, also bei
Hinrichtungen.
Freitag, 3. Juni 2016
Der Zweck unseres Daseins
kann nicht, wie der Optimismus annimmt, der sein, glücklich zu sein, da sich
dem unbefangenen Blick das Leben darstellt wie ganz eigentlich darauf
abgesehen, dass wir uns nicht glücklich darin fühlen sollen. Der Zweck des
Lebens kann auch nicht ganz allein und unmittelbar in den moralischen Tugenden,
also in der Ausübung der Gerechtigkeit und Menschenliebe liegen. Vielmehr ist
der Zweck des Lebens Läuterung, Wendung des Willens, Erlösung von dem
sündhaften, die traurige Beschaffenheit dieser Welt herbei führenden Wollen. Zu
diesem Zweck sind Leiden und Tod wie berechnet. Das Leben ist vom Leiden
unzertrennlich; ein Anstrich von Absichtlichkeit ist hierin nicht zu verkennen.
Das Leiden ist der Läuterungsprozess, durch welchen allein in den meisten
Fällen der Mensch geheiligt, d. h. von dem Irrweg des Willens zum Leben
zurückgeführt wird. In noch höherem Grade kommt dem mehr als alles Leiden
gefürchteten Tode die heiligende Kraft zu. Bei dem naturgemäßen Verlauf kommt
im Alter das Absterben des Leibes dem Absterben des Willens entgegen.
Setzt man also den Zweck des Daseins in die
gänzliche Umkehrung unseres Wesens, so ist damit der Verlauf des Lebens, das
Leiden und schließlich der Tod in Übereinstimmung. Das Leben stellt sich
alsdann dar als ein Läuterungsprozess, dessen reinigende Lauge der Schmerz ist.
Ist der Prozess vollbracht, so lässt er die ihm vorhergegangene Immoralität und
Schlechtigkeit als Schlacke zurück.
Alles Leiden hat, indem es eine
Mortifikation und Aufforderung zur Resignation ist, der Möglichkeit nach eine
heilende Kraft. Hieraus ist es zu erklären, dass großes Unglück, tiefe
Schmerzen schon an sich eine gewisse Ehrfurcht einflößen. Ganz ehrwürdig wird
uns aber der Leidende erst dann, wann er, den Lauf seines Lebens als eine Kette
von Leiden überblickend, oder einen großen und unheilbaren Schmerz betrauernd,
seinen Blick vom Einzelnen zum Allgemeinen erhoben hat und sein eigenes Leiden
nur als Beispiel des Ganzen betrachtet und dann das Ganze des Lebens, als
wesentliches Leiden aufgefasst, ihn zur Resignation bringt.
Dienstag, 24. Mai 2016
Der
immer allgemeiner werdende verkehrte Gebrauch des Wortes Frauen statt Weiber
gehört zu jenem Sprachverderb, durch den die Sprache verarmt, denn Frau heißt uxor und Weib mulier;
die deutsche Sprache hat, wie die lateinische, den Vorzug, für genus und species (mulier und uxor), zwei
entsprechende Wörter zu haben und darf ihn nicht aufgeben. Die Weiber wollen
nicht mehr Weiber heißen, aus demselben Grunde, aus welchem die Juden
Israeliten und die Schneider Kleidermacher genannt werden wollen, u. s. w.;
weil nämlich dem Worte beigemessen wird, was nicht ihm, sondern der Sache
anhängt.
Mittwoch, 11. Mai 2016
Dienstag, 3. Mai 2016
Dienstag, 12. April 2016
Nun ja, aber, wird man mir
sagen, dieses Vorhaben, sich selbst zum Gegenstand seiner Beschreibung zu
nehmen, wäre bei grossen und berühmten Männern zu entschuldigen, die durch
ihren grossen Ruf den Wunsch erweckt hätten, sie kennenzulernen. Das ist
gewiss : ich gestehe es ein ; und ich weiss wohl, dass kaum ein
Flickschuster die Augen von seiner Arbeit aufhebt, um einen Menschen des
gemeinen Schlages zu sehen, wogegen, wenn es die Ankunft eines grossen und
namhaften Mannes in einer Stadt zu sehen gibt, alle Werkstätten und Kramläden
verödet stehen. Jedem anderen als dem, der Nachahmungswürdigkeit besitzt und
dessen Leben und Meinungen zum Vorbild dienen können, steht es schlecht an,
sich bekannt zu machen. Caesar und Xenophon sind reich genug, ihre Erzählung
auf der Grösse ihrer Werke als einem wahren und festen Grunde zu errichten und
zu verankern. Im gleichen Sinne wären uns die Tagebücher des grossen Alexander
und die Aufzeichnungen, die Augustus, Cato, Sulla, Brutus und andere von ihren
Taten hinterlassen hatten, höchst erwünscht. Die Gestalten solcher Männer liebt
man und vertieft sich in sie, selbst in Kupfer und Stein.
VOIRE mais on me
dira que ce dessein de se servir de soy pour subject à escrire, seroit
excusable à des hommes rares et fameux qui, par leur reputation, auroyent donné
quelque desir de leur cognoissance. Il est certain : je l’advoue ; et sçay bien
que, pour voir un homme de la commune façon, à peine qu’un artisan leve les
yeux de sa besongne, là où, pour voir un personnage grand et signalé arriver en
une ville, les ouvroirs et les boutiques s’abandonnent. Il méssiet à tout autre
de se faire cognoistre, qu’à celuy qui a dequoy se faire imiter, et duquel la
vie et les opinions peuvent servir de patron. Caesar et Xenophon ont eu dequoy
fonder et fermir leur narration en la grandeur de leurs faicts comme en une
baze juste et solide. Ainsi sont à souhaiter les papiers journaux du grand
Alexandre, les commentaires qu’Auguste, Caton, Sylla, Brutus et autres avoyent
laissé de leurs gestes. De telles gens on ayme et estudie les figures, en
cuyvre mesmes et en pierre.
Samstag, 2. April 2016
Es ist für den
Winkel einer Hausbibliothek und zum Zeitvertreib eines Nachbarn, eines
Verwandten, eines Freundes bestimmt, dem es Freude macht, mich in diesem Abbild
wieder anzutreffen und mit mir Umgang zu pflegen. Andere haben sich das Herz
gefasst, von sich zu reden, weil sie in sich einen würdigen und reichen
Gegenstand entdeckt haben, ich hingegen, weil ich ihn so unergiebig und dürr befunden
habe, dass kein Verdacht von Eigenruhm darauf fallen kann. Ich urteile gern
über die Handlungen anderer ; mit den meinen gebe ich ihrer Nichtigkeit
halber wenig Stoff zur Beurteilung. Ich finde nicht so viel Gutes an mir, dass
ich es nicht ohne Erröten mitteilen könnte.
C’est pour le coin
d’une librairie, et pour en amuser un voisin, un parent, un amy, qui aura
plaisir à me racointer et repratiquer en cett’ image. Les autres ont pris cœur
de parler d’eux pour y avoir trouvé le subject digne et riche ; moy, au
rebours, pour l’avoir trouvé si sterile et si maigre qu’il n’y peut eschoir
soupçon d’ostentation. Je juge volontiers des actions d’autruy ; des miennes,
je donne peu à juger à cause de leur nihilité. Je ne trouve pas tant de bien en
moy que je ne le puisse dire sans rougir.
Freitag, 18. März 2016
Ich habe mein Buch
nicht mehr gemacht, als mein buch mich gemacht hat, ein Buch vom Fleisch und
Blut seines Verfassers, nur mit mir selbst beschäftigt, als ein Teil meines
Lebens, nicht mit anderen beschäftigtund auf fremde Zwecke eingerichtet wie
alle anderen Bücher. Habe ich meine Zeit damit verloren, dass ich mir so
unablässig, so eingehend von mir Rechenschaft abgelegt habe ?
Je n’ay pas plus
faict mon livre que mon livre m’a faict, livre consubstantiel à son autheur,
d’une occupation propre, membre de ma vie ; non d’une occupation et fin tierce
et estrangere comme tous autres livres. Ay-je perdu mon temps de m’estre rendu
compte de moy si continuellement, si curieusement ?
Donnerstag, 3. März 2016
Combien de fois m’a
cette besongne diverty de cogitations ennuyeuses ! et doivent estre contées
pour ennuyeuses toutes les frivoles. Nature nous a estrenez d’une large faculté
à nous entretenir à part, et nous y appelle souvent pour nous apprendre que
nous nous devons en partie à la société, mais en la meilleure partie à nous.
Aux fins de renger ma fantasie à resver mesme par quelque ordre et projet, et
la garder de se perdre et extravaguer au vent, il n’est que de donner corps et
mettre en registre tant de menues pensées qui se presentent à elle. J’escoute à
mes resveries par ce que j’ay à les enroller.
Wie oft hat mich
diese Beschäftigung von verdriesslichen Gedanken abgelenkt ! und zu den
verdriesslichen müssen alle hohlen und leeren gerechnet werden. Die Natur hat
uns mit einer grossen Fähigkeit beschenkt, uns mit uns selbst zu unterhalten,
und lädt uns oft dazu ein, um uns zu lehren, dass wir uns zum Teil der
Gesellschaft, zum grössern Teil uns selber schulden. Um meine Einbildung dazu
anzuhalten, selbst in ihren Hirngespinsten mit einiger Ordnung und Absicht zu
verfahren, und zu verhüten, dass sie sich verliere und zerflattere, gab es nur
eines, all diesen Gedanken, die sich in ihr einstellen, Gestalt zu geben und
sie festzuhalten. Ich gebe meinen närrischen Einfällen Gehör, weil ich sie zu
Buch zu bringen habe.
Freitag, 19. Februar 2016
Quant de fois,
estant marry de quelque action que la civilité et la raison me prohiboient de
reprendre à descouvert, m’en suis je icy desgorgé, non sans dessein de publique
instruction ! Et si ces verges poétiques :
Zon dessus l’euil,
zon sur le groin,
Zon sur le dos du
Sagoin !
s’impriment encore
mieux en papier qu’en la chair vifve. Quoy, si je preste un peu plus
attentivement l’oreille aux livres, depuis que je guette si j’en pourray
friponner quelque chose de quoy esmailler ou estayer le mien ?
Wie oft, wenn ich
über einen Streich verärgert war, den offen zu verweisen mir die Höflichkeit
und die Vernunft verboten, habe ich hier darüber den Kopf geleert, nicht ohne
Absicht einer öffentlichen Belehrung. Und diese poetischen Rutenstreiche :
Klatsch !
Übers Auge, klatsch ! ins Gefräss, klatsch ! diesem Affen übers
Gesäss !
hinterlassen noch
bessere Striemen auf dem Papier als auf der Haut. Und ob ich den Büchern nicht
ein wenig mehr Aufmerksamkeit schenke, seit ich darauf lauere, ob ich aus ihnen
etwas ergattern könnte, um das meine auszuschmücken und auszustatten ?
Je n’ay aucunement
estudié pour faire un livre ; mais j’ay aucunement estudié pour ce que je
l’avoy faict, si c’est aucunement estudier que effleurer et pincer par la teste
ou par les pieds tantost un autheur, tantost un autre ; nullement pour former
mes opinions ; ouy pour les assister pieç’a formées, seconder et servir.
Ich habe keineswegs
studiert, um ein Buch zu schreiben; aber ich habe ein wenig studiert, weil ich
es schrieb, wenn es ein wenig studieren heisst, bald diesen und bald jenen
Schriftsteller beim Kopfe oder bei den Füssen zu beschnuppern und zu kneifen,
nicht um meine Meinungen zu bilden, sondern um den bereits gebildeten
beizuspringen, nachzuhelfen und zu dienen.
Mittwoch, 3. Februar 2016
One only writes to be
understood, but it's at least necessary in writing to make beautiful things
understood. A person must have pure diction and use words that are proper, it's
true; but it's necessary that such fitting terms explain noble, lively, solid
thoughts, and reinforce a very beautiful meaning. It makes bad use of purety
and clarity of speaking, to pair them with an arid, unfruitful subject, without
interest, without use, without novelty. How does it help readers to understand
easily and without trouble frivolous and puerile things, sometimes tasteless
and common, and to be less uncertain of the thought of an author than annoyed
with having read it? If a person puts
some profundity in his writing, if he affects a subtlety of expression and sometimes
a too great refinement, it is only because of the good opinion that he has of
his readers.
Man schreibt nur, um
verstanden zu werden; aber man soll dabei wenigstens schöne Dinge dem
Verständnis zuführen. Man muss eine gute Sprache haben und reine Ausdrücke
gebrauchen, kein Zweifel; aber diesen müssen auch edle, lebhafte, wertvolle
Gedanken, die einen gewählten Sinn enthalten, zugrunde liegen.
L'on n'écrit que pour être entendu; mais il faut du moins en écrivant faire entendre de belles choses. L'on doit avoir une diction pure, et user de termes qui soient propres, il est vrai; mais il faut que ces termes si propres expriment des pensées nobles, vives, solides, et qui renferment un très beau sens. C'est faire de la pureté et de la clarté du discours un mauvais usage que de les faire servir à une matière aride, infructueuse, qui est sans sel, sans utilité, sans nouveauté. Que sert aux lecteurs de comprendre aisément et sans peine des choses frivoles et puériles, quelquefois fades et communes, et d'être moins incertains de la pensée d'un auteur qu'ennuyés de son ouvrage?
Mittwoch, 27. Januar 2016
Donnerstag, 14. Januar 2016
Bei Büchern von
Leuten, die einer Partei oder einer Clique angehören, muss man es in Kauf
nehmen, dass nicht immer die Wahrheit ersichtlich ist. … Diese
Werke haben das Besondere, dass sie weder die ausserordentliche Geltung, die
sie eine Zeitlang geniessen, noch die völlige Vergessenheit verdienen, in die
sie fallen, wenn das Feuer und der Zank verglimmen, und sie zu Almanachen aus
dem vorigen Jahre werden.
A person has to wipe
away this inconvenience when he reads works made by people who belong to a
party or cabal, that he does not always find the truth in them. Facts are
disguised, the opposing sides reasons are not reported in all their force, nor
with precision; and, what requires the most patience, he has to read a great
number of bitter and injurious words said by serious men, who make a personal
quarrel out of the contested points of a doctrine. These works are peculiar in
that they merit neither the prodigious success that they have for a certain
time, nor the profound oblivion that they fall into when, the fire of the party
division becoming extinguished, they become almanachs of a previous year.
L'on a cette
incommodité à essuyer dans la lecture des livres faits par des gens de parti et
de cabale, que l'on n'y voit pas toujours la vérité. Les faits y sont déguisés,
les raisons réciproques n'y sont point rapportées dans toute leur force, ni
avec une entière exactitude; et, ce qui use la plus longue patience, il faut
lire un grand nombre de termes durs et injurieux que se disent des hommes
graves, qui d'un point de doctrine ou d'un fait contesté se font une querelle
personnelle. Ces ouvrages ont cela de particulier qu'ils ne méritent ni le
cours prodigieux qu'ils ont pendant un certain temps, ni le profond oubli où
ils tombent lorsque, le feu et la division venant à s'éteindre, ils deviennent
des almanachs de l'autre année.
Dienstag, 5. Januar 2016
"Diese Angst in der Welt ist aber
der einzige Beweis unserer Heterogenität. Denn fehlte uns nichts, so würden wir
es nicht besser machen als die Heiden und Transcendental-Philosophen, die von
Gott nichts wissen und in die liebe Natur sich wie die Narren vergaffen; kein
Heimweh würde uns anwandeln. Diese impertinente Unruhe, diese heilige
Hypochondrie ist vielleicht das Feuer, womit wir Opfertiere gesalzen und vor
der Fäulnis des laufenden seculi bewahrt werden müssen." schreibt Johann Georg
Hamann, der Königsberger Zeitgenosse und Kritiker Immanuel Kants.
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