Samstag, 2. Juli 2016
Il y a des esprits, si je l'ose dire, inférieurs et subalternes, qui ne
semblent faits que pour être le recueil, le registre, ou le magasin de toutes
les productions des autres génies: ils sont plagiaires, traducteurs,
compilateurs; ils ne pensent point, ils disent ce que les auteurs ont pensé; et
comme le choix des pensées est invention, ils l'ont mauvais, peu juste, et qui
les détermine plutôt à rapporter beaucoup de choses, que d'excellentes choses;
ils n'ont rien d'original et qui soit à eux; ils ne savent que ce qu'ils ont
appris, et ils n'apprennent que ce que tout le monde veut bien ignorer, une
science aride, dénuée d'agrément et d'utilité, qui ne tombe point dans la
conversation, qui est hors de commerce, semblable à une monnaie qui n'a point
de cours: on est tout à la fois étonné de leur lecture et ennuyé de leur
entretien ou de leurs ouvrages. Ce sont ceux que les grands et le vulgaire
confondent avec les savants, et que les sages renvoient au pédantisme.
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