Pendant
que les grands négligent de rien connaître, je ne dis pas seulement aux
intérêts des princes et aux affaires publiques, mais à leurs propres affaires ;
qu’ils ignorent l’économie et la science d’un père de famille, et qu’ils se
louent eux-mêmes de cette ignorance ; qu’ils se laissent appauvrir et maîtriser
par des intendants ; qu’ils se contentent d’être gourmets ou coteaux, d’aller
chez Thaïs ou chez Phryné, de parler de la meute et de la vieille meute, de
dire combien il y a de postes de Paris à Besançon, ou à Philisbourg, des
citoyens s’instruisent du dedans et du dehors d’un royaume, étudient le
gouvernement, deviennent fins et politiques, savent le fort et le faible de
tout un État, songent à se mieux placer, se placent, s’élèvent, deviennent puissants,
soulagent le prince d’une partie des soins publics. Les grands, qui les
dédaignaient, les révèrent : heureux s’ils deviennent leurs gendres.
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