Nous n’avons pas la
millieme partie des escrits anciens : c’est la fortune qui leur donne vie, ou
plus courte, ou plus longue, selon sa faveur ; et ce que nous en avons, il nous
est loisible de doubter si c’est le pire, n’ayant pas veu le demeurant. On ne
faict pas des histoires de choses de si peu : il faut avoir esté chef à
conquerir un Empire ou un Royaume ; il faut avoir gaigné cinquante deux
batailles assignées, tousjours plus foible en nombre, comme Caesar. Dix mille
bons compaignons et plusieurs grands capitaines moururent à sa suite,
vaillamment et courageusement, desquels les noms n’ont duré qu’autant que leurs
femmes et leurs enfans vesquirent.
Freitag, 4. April 2014
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