Le plaisir peut s' appuyer sur l' illusion, mais le bonheur repose sur la vérité. Il n' y a qu' elle qui puisse nous donner celui dont la nature humaine est susceptible. L' homme heureux par l' illusion a sa fortune en agiotage ; l' homme heureux par la vérité a sa fortune en fonds de terre et en bonnes constitutions.
Montag, 16. Juni 2008
Dienstag, 10. Juni 2008
Dienstag, 3. Juni 2008
Je ne fay point de doute, qu'il ne m'advienne souvent de parler de choses, qui sont mieux traictées chez les maistres du mestier, et plus veritablement. C'est icy purement l'essay de mes facultez naturelles, et nullement des acquises : Et qui me surprendra d'ignorance, il ne fera rien contre moy : car à peine respondroy-je à autruy de mes discours, qui ne m'en responds point à moy, ny n'en suis satisfaict. Qui sera en cherche de science, si la pesche où elle se loge : il n'est rien dequoy je face moins de profession. Ce sont icy mes fantasies, par lesquelles je ne tasche point à donner à connoistre les choses, mais moy : elles me seront à l'adventure connues un jour, ou l'ont autresfois esté, selon que la fortune m'a peu porter sur les lieux, où elles estoient esclaircies. Mais il ne m'en souvient plus.
Qu'on voye en ce que j'emprunte, si j'ay sçeu choisir dequoy rehausser ou secourir proprement l'invention, qui vient tousjours de moy. Car je fay dire aux autres, non à ma teste, mais à ma suite, ce que je ne puis si bien dire, par foiblesse de mon langage, ou par foiblesse de mon sens. Je ne compte pas mes emprunts, je les poise. Et si je les eusse voulu faire valoir par nombre, je m'en fusse chargé deux fois autant. Ils sont touts, ou fort peu s'en faut, de noms si fameux et anciens, qu'ils me semblent se nommer assez sans moy.
Ez raisons, comparaisons, argumens, si j'en transplante quelcun en mon solage, et confons aux miens, à escient j'en cache l'autheur, pour tenir en bride la temerité de ces sentences hastives, qui se jettent sur toute sorte d'escrits : notamment jeunes escrits, d'hommes encore vivants : et en vulgaire, qui reçoit tout le monde à en parler, et qui semble convaincre la conception et le dessein vulgaire de mesmes. Je veux qu'ils donnent une nazarde à Plutarque sur mon nez, et qu'ils s'eschaudent à injurier Seneque en moy. Il faut musser ma foiblesse souz ces grands credits.
J'aimeray quelqu'un qui me sçache deplumer : je dy par clairté de jugement, et par la seule distinction de la force et beauté des propos. Car moy, qui, à faute de memoire, demeure court tous les coups, à les trier, par recognoissance de nation, sçay tresbien connoistre, à mesurer ma portée, que mon terroir n'est aucunement capable d'aucunes fleurs trop riches, que j'y trouve semées, et que tous les fruicts de mon creu ne les sçauroient payer.
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