Dienstag, 24. Februar 2009

L'intérieur des familles est souvent troublé par les défiances, par les jalousies et par l'antipathie, pendant que des dehors contents, paisibles et enjoués nous trompent, et nous y font supposer une paix qui n'y est point: il y en a peu qui gagnent à être approfondies. Cette visite que vous rendez vient de suspendre une querelle domestique, qui n'attend que votre retraite pour recommencer.
In der Gesellschaft ist es die Vernunft, die zuerst nachgeben muss. Die Klügsten werden oft durch den grössten und abgeschmacktesten Narren geführt: dessen Schwäche, dessen Launen und Einfälle studiert man, um sich ihnen dann anzupassen; man vermeidet es, ihn vor den Kopf zu stossen, und alle Welt weicht vor ihm zurück; die geringste Zufriedenheit, die auf seinem Gesicht erscheint, zieht ihm Lobsprüche zu: man rechnet es ihm an, dass er nicht immer unerträglich ist. Er wird gefürchtet und behutsam angefasst, er gewinnt sich Gehorsam und manchmal sogar Liebe.
Dans la société, c'est la raison qui plie la première. Les plus sages sont souvent menés par le plus fou et le plus bizarre: l'on étudie son faible, son humeur, ses caprices, l'on s'y accommode; l'on évite de le heurter, tout le monde lui cède; la moindre sérénité qui paraît sur son visage lui attire des éloges: on lui tient compte de n'être pas toujours insupportable. Il est craint, ménagé, obéi, quelquefois aimé.
Il y a une chose que l'on n'a point vue sous le ciel et que selon toutes les apparences on ne verra jamais: c'est une petite ville qui n'est divisée en aucuns partis; où les familles sont unies, et où les cousins se voient avec confiance; où un mariage n'engendre point une guerre civile; où la querelle des rangs ne se réveille pas à tous moments par l'offrande, l'encens et le pain bénit, par les processions et par les obsèques; d'où l'on a banni les caquets, le mensonge et la médisance; où l'on voit parler ensemble le bailli et le président, les élus et les assesseurs; où le doyen vit bien avec ses chanoines; où les chanoines ne dédaignent pas les chapelains, et où ceux-ci souffrent les chantres.
Les provinciaux et les sots sont toujours prêts à se fâcher, et à croire qu'on se moque d'eux ou qu'on les méprise: il ne faut jamais hasarder la plaisanterie, même la plus douce et la plus permise, qu'avec des gens polis, ou qui ont de l'esprit.
Celui qui est d'une éminence au-dessus des autres qui le met à couvert de la repartie, ne doit jamais faire une raillerie piquante.
Wer so sehr über allen anderen steht, dass er gegen jede Erwiderung gedeckt ist, darf sich niemals einer beissenden Spötterei überlassen.

Donnerstag, 5. Februar 2009

Mittwoch, 4. Februar 2009

Il est triste d'aimer sans une grande fortune, et qui nous donne les moyens de combler ce que l'on aime, et le rendre si heureux qu'il n'ait plus de souhaits à faire.
Etre avec des gens qu'on aime, cela suffit; rêver, leur parler, ne leur parler point, penser à eux, penser à des choses plus indifférentes, mais auprès d'eux, tout est égal.