Montag, 10. Mai 2010
Freitag, 7. Mai 2010
Donnerstag, 6. Mai 2010
Il y a un temps où la raison n'est pas encore, où l'on ne vit que par instinct, à la manière des animaux, et dont il ne reste dans la mémoire aucun vestige. Il y a un second temps où la raison se développe, où elle est formée, et où elle pourrait agir, si elle n'était pas obscurcie et comme éteinte par les vices de la complexion, et par un enchaînement de passions qui se succèdent les unes aux autres, et conduisent jusques au troisième et dernier âge. La raison, alors dans sa force, devrait produire; mais elle est refroidie et ralentie par les années, par la maladie et la douleur, déconcertée ensuite par le désordre de la machine, qui est dans son déclin: et ces temps néanmoins sont la vie de l'homme.
Mittwoch, 5. Mai 2010
Souvent une opinion, une coutume commence à paraître absurde dans la première jeunesse, et, en avançant dans la vie, on en trouve la raison : elle paraît moins absurde. En faudrait-il conclure que de certaines coutumes sont moins ridicules ? On serait porté à penser quelquefois qu' elles ont été établies par des gens qui avaient lu le livre entier de la vie, et qu' elles sont jugées par des gens qui, malgré leur esprit, n' en ont lu que quelques pages.
J' ai vu des hommes qui n' étaient doués que d' une raison simple et droite, sans une grande étendue ni sans beaucoup d' élévation d' esprit ; et cette raison simple avait suffi pour leur faire mettre à leur place les vanités et les sottises humaines, pour leur donner le sentiment de leur dignité personnelle, leur faire apprécier ce même sentiment dans autrui. J' ai vu des femmes à peu près dans le même cas, qu' un sentiment vrai, éprouvé de bonne heure, avait mises au niveau des mêmes idées. Il suit de ces deux observations que ceux qui mettent un grand prix à ces vanités, à ces sottises humaines, sont de la dernière classe de notre espèce.
Samstag, 24. April 2010
Freitag, 16. April 2010
La modestie n'est point, ou est confondue avec une chose toute différente de soi, si on la prend pour un sentiment intérieur qui avilit l'homme à ses propres yeux, et qui est une vertu surnaturelle qu'on appelle humilité. L'homme, de sa nature, pense hautement et superbement de lui-même, et ne pense ainsi que de lui-même: la modestie ne tend qu'à faire que personne n'en souffre; elle est une vertu du dehors, qui règle ses yeux, sa démarche, ses paroles, son ton de voix, et qui le fait agir extérieurement avec les autres comme s'il n'était pas vrai qu'il les compte pour rien.
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