Montag, 10. März 2014

Il faut qu'un auteur reçoive avec une égale modestie les éloges et la critique que l'on fait de ses ouvrages.
Ein Autor muss mit der gleichen Bescheidenheit Lob und Kritik hinnehmen.
An author must receive with an equal modesty the praises and the critiques directed at what he wrote.   
La vie des héros a enrichi l'histoire, et l'histoire a embelli les actions des héros: ainsi je ne sais qui sont plus redevables, ou ceux qui ont écrit l'histoire à ceux qui leur en ont fourni une si noble matière, ou ces grands hommes à leurs historiens.
The lives of heroes have enriched history, and history has embellished the actions of heroes: thus, I don't know which is more indebted: the people who have written history to the ones who have given them such noble events, or these great men to their historians.    

Dienstag, 4. März 2014


Wenn ein Mensch ohne eigene Begabung die Anmut, die Feinheit, Weite und verschiedene Vorzüge des Geistes eines anderen fühlen und zeigen könnte, dass er sie fühlt – der Umgang mit ihm wäre immer noch sehr gesucht. Von den Vorzügen der Seele gilt dasselbe.
S' il était possible qu' une personne, sans esprit, pût sentir la grâce, la finesse, l' étendue et les différentes qualités de l' esprit d' autrui, et montrer qu' elle le sent, la société d' une telle personne, quand même elle ne produirait rien d' elle-même, serait encore très recherchée. Même résultat de la même supposition à l' égard des qualités de l' âme.
If it were possible for an unintelligent person to sense grace, subtlety, vastness, and other qualities in the spirit of others, and to show that he senses them, the company of such a person, even though he wouldn't produce anything himself, would be very sought after. Given the same presuppositions but with respect to peoples souls, the same thing would result again. 

Donnerstag, 20. Februar 2014

Il n’y a raison qui n’en aye une contraire, dict le plus sage party des philosophes. Je remachois tantost ce beau mot qu’un ancien allegue pour le mespris de la vie : Nul bien nous peut apporter plaisir, si ce n’est celuy à la perte duquel nous sommes preparez : In aequo est dolor amissae rei, et timor amittendae ; voulant gaigner par là que la fruition de la vie ne nous peut estre vrayement plaisante, si nous sommes en crainte de la perdre.

Il se pourroit toutes-fois dire, au rebours, que nous serrons et embrassons ce bien, d’autant plus estroit et avecques plus d’affection que nous le voyons nous estre moins seur et craignons qu’il nous soit osté. Car il se sent evidemment, comme le feu se picque à l’assistance du froid, que nostre volonté s’esguise aussi par le contraste :

Si nunquam Danaen habuisset ahenea turris,Non esset Danae de Jove facta parens ;
et qu’il n’est rien naturellement si contraire à nostre goust que la satieté qui vient de l’aisance, ny rien qui l’éguise tant que la rareté et difficulté.