J’ay veu de mon
temps mill’ hommes soupples, mestis, ambigus, et que nul ne doubtoit plus
prudans mondains que moy, se perdre où je me suis sauvé :
Risi successu posse
carere dolos.Dienstag, 29. Juli 2014
Nous appellons
agrandir nostre nom, l’estandre et semer en plusieurs bouches ; nous voulons
qu’il y soit receu en bonne part et que cette sienne accroissance luy vienne à
profit : voylà ce qu’il y peut avoir de plus excusable en ce dessein. Mais
l’exces de cette maladie en va jusques là que plusieurs cerchent de faire
parler d’eux en quelque façon que ce soit. Trogus Pompeius dict de Herostratus,
et Titus Livius de Manlius Capitolinus, qu’ils estoyent plus desireux de grande
que de bonne reputation. Ce vice est ordinaire. Nous nous soignons plus qu’on
parle de nous, que comment on en parle ; et nous est assez que nostre nom coure
par la bouche des hommes, en quelque condition qu’il y coure.
Il semble que l’estre
conneu, ce soit aucunement avoir sa vie et sa durée en la garde d’autruy. Moy,
je tiens que je ne suis que chez moy ; et, de cette autre mienne vie qui loge
en la connoissance de mes amis, à la considerer nue et simplement en soy, je
sçay bien que je n’en sens fruict ny jouissance que par la vanité d’une opinion
fantastique.
Es scheint, bekannt
zu sein bedeute gleichsam, sein Leben und seine Fortdauer bei andern verwahrt
zu wissen. Ich meinesteils bin der Überzeugung, dass ich nur bei mir selber bin ;
und was dieses mein anderes Leben angeht, das seinen Bestand im Gedenken meiner
Freunde hat, weiss ich wohl, wenn ich es nackt und bloss in sich selber
betrachte, dass ich davon keinen andern Genuss und Gewinn empfange als durch
die Eitelkeit eines leeren Wahns.
Donnerstag, 10. Juli 2014
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