Donnerstag, 18. Mai 2017


Il y a des redites pour l'oreille et pour l'esprit; il n'y en a point pour le cœur.

Things can become repetitive to a person's ear and to his intelligence, but not to his heart.  

Freitag, 5. Mai 2017


Je me souviens d'avoir vu un homme quitter les filles d'Opéra, parce qu'il y avait vu, disait-il, autant de fausseté que dans les honnêtes femmes.     

Ich erinnere mich an einen Mann, der mit den Ballettmädchen von der Oper nichts mehr zu tun haben wollte, weil sie, wie er sagte, so falsch seien wie die anständigen Frauen.   

I remember seeing a man who refused to court the girls that worked in an Opera house anymore, because, he said, they were just as false as noblewomen.

Samstag, 29. April 2017


Mme de ... a été rejoindre son amant en Angleterre, pour faire preuve d'une grande tendresse, quoiqu'elle n'en eût guère. À présent, les scandales se donnent par respect humain.     
Mme de ... joined her lover in England, to show how great tenderness she had for him, though she hardly had any at all. At present, scandals occur for the sake of decency.   

Montag, 17. April 2017


C’est sans doute une belle harmonie quand le faire et le dire vont ensemble, et je ne veux pas nier que le dire, lors que les actions suyvent, ne soit de plus d’authorité et efficace : comme disoit Eudamidas oyant un philosophe discourir de la guerre : Ces propos sont beaux, mais celuy qui les dict n’en est pas croyable, car il n’a pas les oreilles accoustumées au son de la trompette. Et Cleomenes, oyant un Rhetoricien harenguer de la vaillance, s’en print fort à rire ; et, l’autre s’en scandalizant, il luy dict : J’en ferois de mesmes si c’estoit une arondelle qui en parlast ; mais, si c’estoit un aigle, je l’orrois volontiers.

J’apperçois, ce me semble, és escrits des anciens, que celuy qui dit ce qu’il pense, l’assene bien plus vivement que celuy qui se contrefait. Oyez Cicero parler de l’amour de la liberté, oyez en parler Brutus : les escrits mesmes vous sonnent que cettuy-cy estoit homme pour l’acheter au pris de la vie. Que Cicero, pere d’eloquence, traite du mespris de la mort ; que Seneque en traite aussi : celuy là traine languissant, et vous sentez qu’il vous veut resoudre de chose dequoy il n’est pas resolu ; il ne vous donne point de cœur, car luy-mesmes n’en a point ; l’autre vous anime et enflamme.

Je ne voy jamais autheur, mesmement de ceux qui traictent de la vertu et des offices, que je ne recherche curieusement quel il a esté. Car les Ephores, à Sparte, voyant un homme dissolu proposer au peuple un advis utile, luy commanderent de se taire et prierent un homme de bien de s’en attribuer l’invention et le proposer.