J'eusse dict
que le mouvement detraqué de la boiteuse apportast quelque nouveau plaisir à la
besongne et quelque pointe de douceur à ceux qui l'essayent, mais je viens
d'apprendre que mesme la philosophie ancienne en a decidé: elle dict que, les
jambes et cuisses des boiteuses ne recevant, à cause de leur imperfection,
l'aliment qui leur est deu, il en advient que les parties genitales, qui sont
au dessus, sont plus plaines, plus nourries et vigoureuses. Ou bien que, ce
defaut empeschant l'exercice, ceux qui en sont entachez dissipent moins leurs
forces et en viennent plus entiers aux jeux de Venus. Qui est aussi la raison
pourquoy les Grecs descrioient les tisserandes d'estre plus chaudes que les
autres femmes: à cause du mestier sedentaire qu'elles font, sans grand exercice
du corps.
