Montag, 24. Januar 2011

Veut-on avoir la preuve de la parfaite inutilité de tous livres de morale, de sermons, etc. ; il n' y a qu' à jeter les yeux sur le préjugé de la noblesse héréditaire. Y a-t-il un travers contre lequel les philosophes, les orateurs, les poètes, aient lancé plus de traits satiriques, qui ait plus exercé les esprits de toute espèce, qui ait fait naître plus de sarcasmes ? Cela a-t-il fait tomber les présentations, la fantaisie de monter dans les carrosses ? Cela a-t-il fait supprimer la place de Chérin ?

Sonntag, 23. Januar 2011

Il faut convenir qu' il est impossible de vivre dans le monde, sans jouer de temps en temps la comédie. Ce qui distingue l' honnête homme du fripon, c' est de ne la jouer que dans les cas forcés, et pour échapper au péril ; au lieu que l' autre va au-devant des occasions.
La société n' est pas, comme on le croit d' ordinaire, le développement de la nature, mais bien sa décomposition et sa refonte entière. C' est un second édifice, bâti avec les décombres du premier. On en retrouve les débris avec un plaisir mêlé de surprise. C' est celui qu' occasionne l' expression naïve d' un sentiment naturel qui échappe dans la société ; il arrive même qu' il plaît davantage, si la personne à laquelle il échappe est d' un rang plus élevé, c' est-à-dire plus loin de la nature. Il charme dans un roi, parce qu' un roi est dans l' extrémité opposée. C' est un débris d' ancienne architecture dorique ou corinthienne, dans un édifice grossier et moderne.

Sonntag, 16. Januar 2011

… und Sokrates sagte beim Anblick zum Verkauf ausgelegter Luxusartikel: »Wie vieles gibt es doch, was ich nicht nötig habe.«

Montag, 27. Dezember 2010

Freitag, 24. Dezember 2010

L' homme, dans l' état actuel de la société, me paraît plus corrompu par sa raison que par ses passions. Ses passions (j' entends ici celles qui appartiennent à l' homme primitif) ont conservé, dans l' ordre social, le peu de nature qu' on y retrouve encore.
"Moi, dit le cheffecier, je suis maître du chœur; qui me forcera d'aller à matines? mon prédécesseur n'y allait point: suis-je de pire condition? dois-je laisser avilir ma dignité entre mes mains, ou la laisser telle que je l'ai reçue?" - "Ce n'est point, dit l'écolâtre, mon intérêt qui me mène, mais celui de la prébende: il serait bien dur qu'un grand chanoine fût sujet au chœur, pendant que le trésorier, l'archidiacre, le pénitencier et le grand vicaire s'en croient exempts." - "Je suis bien fondé, dit le prévôt, à demander la rétribution sans me trouver à l'office: il y a vingt années entières que je suis en possession de dormir les nuits; je veux finir comme j'ai commencé, et l'on ne me verra point déroger à mon titre: que me servirait d'être à la tête d'un chapitre? mon exemple ne tire point à conséquence." Enfin c'est entre eux tous à qui ne louera point Dieu, à qui fera voir par un long usage qu'il n'est point obligé de le faire: l'émulation de ne se point rendre aux offices divins ne saurait être plus vive ni plus ardente. Les cloches sonnent dans une nuit tranquille; et leur mélodie, qui réveille les chantres et les enfants de chœur, endort les chanoines, les plonge dans un sommeil doux et facile, et qui ne leur procure que de beaux songes: ils se lèvent tard, et vont à l'église se faire payer d'avoir dormi.
On a toujours vu dans la république de certaines charges qui semblent n'avoir été imaginées la première fois que pour enrichir un seul aux dépens de plusieurs; les fonds ou l'argent des particuliers y coule sans fin et sans interruption. Dirai-je qu'il n'en revient plus ou qu'il n'en revient que tard? C'est un gouffre, c'est une mer qui reçoit les eaux des fleuves; et qui ne les rend pas; ou si elles les rend, c'est par des conduits secrets et souterrains, sans qu'il y paraisse, ou qu'elle en soit moins grosse et moins enflée; ce n'est qu'après en avoir joui longtemps, et qu'elle ne peut plus les retenir.

Freitag, 10. Dezember 2010

Samstag, 4. Dezember 2010

On ne cesse d' écrire sur l' éducation, et les ouvrages écrits sur cette matière ont produit quelques idées heureuses, quelques méthodes utiles ; ont fait, en un mot, quelque bien partiel. Mais quelle peut être, en grand, l' utilité de ces écrits, tant qu' on ne fera pas marcher de front les réformes relatives à la législation, à la religion, à l' opinion publique ? L' éducation n' ayant d' autre objet que de conformer la raison de l' enfance à la raison publique relativement à ces trois objets, quelle instruction donner tant que ces trois objets se combattent ? En formant la raison de l' enfance, que faites-vous que de la préparer à voir plus tôt l' absurdité des opinions et des moeurs consacrées par le sceau de l' autorité sacrée, publique, ou législative ; par conséquent, à lui en inspirer le mépris ?