Dienstag, 13. Oktober 2015


Mais, à qui croyrons nous parlant de soy, en une saison si gastée ?

Aber wem werden wir in einer so verderbten Zeit glauben schenken, wenn er von sich selbst spricht ?


Le premier traict de la corruption des mœurs, c’est le bannissement de la verité : car, comme disoit Pindare, l’estre veritable est le commencement d’une grande vertu, et le premier article que Platon demande au gouverneur de sa republique.


Das erste Kennzeichen einreissender Sittenverderbnis ist die Verbannung der Wahrheit : denn, wie Pindar sagte, die Wahrhaftigkeit ist der Anfang einer grossen Tugend, und sie ist die erste Forderung, die Plato an den Leiter seiner Republik stellt.

Nostre verité de maintenant, ce n’est pas ce qui est, mais ce qui se persuade à autruy : comme nous appellons monnoye non celle qui est loyalle seulement, mais la fauce aussi qui a mise. Nostre nation est de long temps reprochée de ce vice : car Salvianus Massiliensis, qui estoit du temps de Valentinian l’Empereur, dict qu’aux François le mentir et se parjurer n’est pas vice, mais une façon de parler. Qui voudroit encherir sur ce tesmoignage, il pourroit dire que ce leur est à present vertu. On s’y forme, on s’y façonne, comme à un exercice d’honneur ; car la dissimulation est des plus notables qualitez de ce siecle.

Donnerstag, 8. Oktober 2015


Nostre intelligence se conduisant par la seule voye de la parolle, celuy qui la fauce, trahit la societé publique. C’est le seul util par le moien duquel se communiquent nos volontez et nos pensées, c’est le truchement de nostre ame : s’il nous faut, nous ne nous tenons plus, nous ne nous entreconnoissons plus. S’il nous trompe, il rompt tout nostre commerce et dissoult toutes les liaisons de nostre police.

Da wir uns untereinander nur durch das Wort zu verständigen vermögen, verrät, wer es fälscht, die menschliche Gemeinschaft. Es ist das einzige Mittel, durch das wir unseren Willen und unsere Gedanken austauschen, es ist der Mittler unserer Seele : wenn wir es verlieren, so haben wir keinen Zusammenhang  und keine Kenntnis mehr voneinander. Wenn es uns betrügt, zerstört es allen unseren Umgang und zerreisst alle Bande unserer Gesellschaft.

Certaines nations des nouvelles Indes (on n’a que faire d’en remarquer les noms, ils ne sont plus ; car jusques à l’entier abolissement des noms et ancienne cognoissance des lieux s’est estandue la desolation de cette conqueste, d’un merveilleux exemple et inouy) offroyent à leurs Dieux du sang humain, mais non autre que tiré de leur langue et oreilles, pour expiation du peché de la mensonge, tant ouye que prononcée.

Gewisse Völker der neuen Welt (es erübrigt sich, ihre Namen zu nennen, sie sind nicht mehr vorhanden ; denn bis zur gänzlichen Vertilgung der Namen und der alten Kunde von ihren Wohnsitzen hat sich die Verwüstung dieser Eroberungen erstreckt, ein unerhörter und entsetzlicher Vorgang) brachten ihren Göttern Menschenblut dar, aber nur solches, das aus ihrer Zunge und ihren Ohren gezapft war, zur Sühne der angehörten wie der gesagten Lügen.

Freitag, 2. Oktober 2015


Ce bon compaignon de Grece disoit que les enfans s’amusent par les osselets, les hommes par les parolles.