J’ay une chanson faicte par un prisonnier, où
il y a ce traict : qu’ils viennent hardiment trétous et s’assemblent pour
disner de luy : car ils mangeront quant et quant leurs peres et leurs
ayeux, qui ont servy d’aliment et de nourriture à son corps. Ces muscles,
dit-il, cette cher et ces veines, ce sont les vostres, pauvres fols que vous
estes ; vous ne recognoissez pas que la substance des membres de vos
ancestres s’y tient encore : savourez les bien, vous y trouverez le goust
de vostre propre chair. Invention qui ne sent aucunement la barbarie. Ceux qui
les peignent mourans, et qui representent cette action quand on les assomme, ils
peignent le prisonnier crachant au visage de ceux qui le tuent et leur faisant
la moue.
Sonntag, 22. Juli 2018
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