Donnerstag, 21. März 2013

Hieraus ist erklärlich, warum der Ruhm der Zeitgenossen so selten die Metamorphose in Nachruhm erlebt; weshalb d'Alembert in seiner überaus schönen Beschreibung des Tempels des literarischen Ruhmes sagt: »Das Innere des Tempels ist von lauter Toten bewohnt, die während ihres Lebens nicht darin waren, und von einigen Lebenden, welche fast alle, wenn sie sterben, hinausgeworfen werden.« Und beiläufig sei es hier bemerkt, daß einem bei Lebzeiten ein Monument setzen die Erklärung ablegen heißt, daß hinsichtlich seiner der Nachwelt nicht zu trauen sei.

Sonntag, 3. März 2013

Un homme d' esprit prétendait, devant des millionnaires, qu' on pouvait être heureux avec deux mille écus de rente. Ils soutinrent le contraire avec aigreur, et même avec emportement. Au sortir de chez eux, il cherchait la cause de cette aigreur de la part de gens qui avaient de l' amitié pour lui. Il la trouva enfin. C' est que par là il leur faisait entrevoir qu' il n' était pas dans leur dépendance. Tout homme qui a peu de besoins semble menacer les riches d' être toujours prêt à leur échapper. Les tyrans voient par là qu' ils perdent un esclave. On peut appliquer cette réflexion à toutes les passions en général. L' homme qui a vaincu le penchant à l' amour montre une indifférence toujours odieuse aux femmes ; elles cessent aussitôt de s' intéresser à lui. C' est peut-être pour cela que personne ne s' intéresse à la fortune d' un philosophe : il n' a pas les passions qui émeuvent la société. On voit qu' on ne peut presque rien faire pour son bonheur, et on le laisse là.

Samstag, 2. März 2013

Il est dangereux pour un philosophe attaché à un grand (si jamais les grands ont eu auprès d' eux un philosophe), de montrer tout son désintéressement : on le prendrait au mot. Il se trouve dans la nécessité de cacher ses vrais sentiments, et c' est, pour ainsi dire, un hypocrite d' ambition.

Montag, 11. Februar 2013

Il y en a de tels, que s'ils pouvaient connaître leurs subalternes et se connaître eux-mêmes, ils auraient honte de primer.
C'est déjà trop d'avoir avec le peuple une même religion et un même Dieu: quel moyen encore de s'appeler Pierre, Jean, Jacques, comme le marchand ou le laboureur? Evitons d'avoir rien de commun avec la multitude; affectons au contraire toutes les distinctions qui nous en séparent. Qu'elle s'approprie les douze apôtres, leurs disciples, les premiers martyrs (telles gens, tels patrons); qu'elle voie avec plaisir revenir, toutes les années, ce jour particulier que chacun célèbre comme sa fête. Pour nous autres grands, ayons recours aux noms profanes; faisons-nous baptiser sous ceux d'Annibal, de César et de Pompée: c'étaient de grands hommes; sous celui de Lucrèce: c'était une illustre Romaine; sous ceux de Renaud, de Roger, d'Olivier et de Tancrède: c'étaient des paladins, et le roman n'a point de héros plus merveilleux; sous ceux d'Hector, d'Achille, d'Hercule, tous demi-dieux; sous ceux même de Phébus et de Diane; et qui nous empêchera de nous faire nommer Jupiter ou Mercure, ou Vénus, ou Adonis?
Si je compare ensemble les deux conditions des hommes les plus opposées, je veux dire les grands avec le peuple, ce dernier me paraît content du nécessaire, et les autres sont inquiets et pauvres avec le superflu. Un homme du peuple ne saurait faire aucun mal; un grand ne veut faire aucun bien, et est capable de grands maux. L'un ne se forme et ne s'exerce que dans les choses qui sont utiles; l'autre y joint les pernicieuses. Là se montrent ingénument la grossièreté et la franchise; ici se cache une sève maligne et corrompue sous l'écorce de la politesse. Le peuple n'a guère d'esprit, et les grands n'ont point d'âme: celui-là a un bon fond, et n'a point de dehors; ceux-ci n'ont que des dehors et qu'une simple superficie. Faut-il opter? Je ne balance pas: je veux être peuple.

Sonntag, 10. Februar 2013

Je voy cela evidemment, que nous ne prestons volontiers à la devotion que les offices, qui flattent noz passions. Il n'est point d'hostilité excellente comme la Chrestienne. Nostre zele fait merveilles, quand il va secondant nostre pente vers la haine, la cruauté, l'ambition, l'avarice, la detraction, la rebellion. A contrepoil, vers la bonté, la benignité, la temperance, si, comme par miracle, quelque rare complexion ne l'y porte, il ne va ny de pied, ny d'aile. Nostre religion est faicte pour extirper les vices : elle les couvre, les nourrit, les incite.

Donnerstag, 7. Februar 2013

Wir sind Christen im gleichen Sinne, wie wir Schwaben oder Perigordiner sind.
Nous sommes Chrestiens à mesme tiltre que nous sommes ou Perigordins ou Alemans. 
Aussi n'est-il pas croyable, que toute ceste machine n'ait quelques merques empreintes de la main de ce grand architecte, et qu'il n'y ait quelque image és choses du monde raportant aucunement à l'ouvrier, qui les a basties et formées. Il a laissé en ces hauts ouvrages le charactere de sa divinité, et ne tient qu'à nostre imbecillité, que nous ne le puissions descouvrir.