Donnerstag, 21. Juli 2016
Par fois m’advient il aussi de representer le courroussé, pour le
reiglement de ma maison, sans aucune vraye emotion. A mesure que l’aage me rend
les humeurs plus aigres, j’estudie à m’y opposer, et feray, si je puis, que je
seray dores en advant d’autant moins chagrin et difficile que j’auray plus
d’excuse et d’inclination à l’estre, quoy que par-cy devant je l’aye esté entre
ceux qui le sont le moins.
Zuweilen unterläuft es mir auch, ohne jede wirkliche Erregung um der
guten Ordnung meines Hauswesens willen den Erzürnten zu spielen. In dem Masse,
in dem mir das Alter allmählich die Säfte versauert, bestrebe ich mich, ihm zu
widerstehen, und werde dafür sorgen, wenn ich es kann, dass ich fortan um so
weniger sauertöpfisch und empfindlich sei, je mehr Entschuldigung und Neigung
ich habe, es zu sein, wiewohl ich schon bis dahin zu denen gehört habe, die es
am wenigsten sind.
Dienstag, 19. Juli 2016
Samstag, 2. Juli 2016
Es gibt, wenn ich es
sagen darf, untergeordnete und subalterne Geister, die nur gemacht zu sein
scheinen, um ein Sammellager, Inhaltsverzeichnis, Stapelplatz der Zeugnisse der
grossen Talente zu sein: sie sind Ausschreiber, Übersetzer, Zusammenträger; sie
denken nicht, sie sagen, was die andern gedacht haben.
There are, if I dare say it, inferior and subordinate spirits who seem
to be made only to collect, register and store all the productions of other
geniuses: they are plagiarists, translators and compilers; they do not think at
all, they say what authors have thought; and since the ability to distinguish
and choose between thoughts requires invention, they do so badly, with little
justice, in a way that shows they rather bring many things together than
excellent ones; they have nothing original that belongs to them; they only know
what they have learned and have only learned what no one wants to know, an arid
science, devoid of charm and utility, which is never mentioned in conversation,
which is out of use, like a money that has no currency at all: one is at once
amazed at what they have read and annoyed or bored by what they say and the
works they write. People in power and people who are vulgar confound them with
savants, and people who are wise recognize them as pedants.
Il y a des esprits, si je l'ose dire, inférieurs et subalternes, qui ne
semblent faits que pour être le recueil, le registre, ou le magasin de toutes
les productions des autres génies: ils sont plagiaires, traducteurs,
compilateurs; ils ne pensent point, ils disent ce que les auteurs ont pensé; et
comme le choix des pensées est invention, ils l'ont mauvais, peu juste, et qui
les détermine plutôt à rapporter beaucoup de choses, que d'excellentes choses;
ils n'ont rien d'original et qui soit à eux; ils ne savent que ce qu'ils ont
appris, et ils n'apprennent que ce que tout le monde veut bien ignorer, une
science aride, dénuée d'agrément et d'utilité, qui ne tombe point dans la
conversation, qui est hors de commerce, semblable à une monnaie qui n'a point
de cours: on est tout à la fois étonné de leur lecture et ennuyé de leur
entretien ou de leurs ouvrages. Ce sont ceux que les grands et le vulgaire
confondent avec les savants, et que les sages renvoient au pédantisme.
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