«
Celui qui n'a pas vu beaucoup de filles ne connaît point les femmes », me
disait gravement un homme, grand admirateur de la sienne, qui le trompait.
Sonntag, 19. August 2018
Donnerstag, 16. August 2018
Autant en font ceux-cy à leur tour. Ils ne
demandent à leurs prisonniers autre rançon que la confession et recognoissance
d’estre vaincus ; mais il ne s’en trouve pas un, en tout un siecle, qui
n’ayme mieux la mort que de relascher, ny par contenance, ny de parole, un seul
point d’une grandeur de courage invincible : il ne s’en void aucun qui
n’ayme mieux estre tué et mangé, que de requerir seulement de ne l’estre pas.
Ebenso halten es jene für ihr Teil. Sie fordern von ihren Gefangenen
kein anderes Lösegeld als das Eingeständnis und die Anerkennung ihrer
Überwindung; aber in einem ganzen Jahrhundert gibt es nicht einen einzigen, der
nicht lieber in den Tod ginge, als dass er, sei es durch seine Haltung, sei es
durch Worte, sich um das Geringste von der Grösse seines unerschütterlichen
Mutes vergäbe: es findet sich nicht einer, der es nicht vorzöge, getötet und
aufgegessen zu werden, als auch nur eine Bitte um Verschonung zu tun.
Dienstag, 14. August 2018
Ils les traictent en toute liberté, affin que
la vie leur soit d’autant plus chere ; et les entretiennent communément
des menasses de leur mort future, des tourmens qu’ils y auront à souffrir, des
apprests qu’on dresse pour cet effect, du detranchement de leurs membres, et du
festin qui se fera à leurs despens. Tout cela se faict pour cette seule fin
d’arracher de leur bouche quelque parole molle ou rabaissée, ou de leur donner
envie de s’en fuyr, pour gaigner cet avantage de les avoir espouvantez, et d’avoir
faict force à leur constance. Car aussi, à le bien prendre, c’est en ce seul
point que consiste la vraye victoire :
victoria nulla est
Quam quae confessos animo quoque subjugat hostes.
Ein Sieg ist nichts, der nicht auch im Geist den geständigen Feind unterwirft.
Les Hongres, tres-belliqueux combattans, ne poursuivoient jadis leur pointe, outre avoir rendu l’ennemy à leur mercy. Car, en ayant arraché cette confession, ils le laissoyent aller sans offense, sans rançon, sauf, pour le plus, d’en tirer parole de ne s’armer des lors en avant contre eux.
victoria nulla est
Quam quae confessos animo quoque subjugat hostes.
Ein Sieg ist nichts, der nicht auch im Geist den geständigen Feind unterwirft.
Les Hongres, tres-belliqueux combattans, ne poursuivoient jadis leur pointe, outre avoir rendu l’ennemy à leur mercy. Car, en ayant arraché cette confession, ils le laissoyent aller sans offense, sans rançon, sauf, pour le plus, d’en tirer parole de ne s’armer des lors en avant contre eux.
Assez d’avantages gaignons nous sur nos ennemis, qui
sont avantages empruntez, non pas nostres. C’est la qualité d’un portefaix, non
de la vertu, d’avoir les bras et les jambes plus roides ; c’est une
qualité morte et corporelle que la disposition ; c’est un coup de la
fortune de faire broncher nostre ennemy, et de luy esblouyr les yeux par la
lumiere du Soleil ; c’est un tour d’art et de science, et qui peut tomber
en une personne lache et de neant, d’estre suffisant à l’escrime. L’estimation
et le pris d’un homme consiste au cœur et en la volonté ; c’est là où gist
son vray honneur : la vaillance c’est la fermeté, non pas des jambes et
des bras, mais du courage et de l’ame ; elle ne consiste pas en la valeur
de nostre cheval, ny de nos armes, mais en la nostre.
Celuy qui tombe obstiné en son courage, si succiderit, de genu pugnat. Qui pour
quelque dangier de la mort voisine ne relasche aucun point de son
asseurance ; qui regarde encores, en rendant l’ame, son ennemy d’une veue
ferme et desdaigneuse, il est battu, non pas de nous, mais de la fortune ;
il est tué, non pas vaincu.
Sonntag, 22. Juli 2018
Pour revenir à nostre histoire, il s’en faut
tant que ces prisonniers se rendent, pour tout ce qu’on leur fait, qu’au
rebours, pendant ces deux ou trois mois qu’on les garde, ils portent une
contenance gaye ; ils pressent leurs maistres de se haster de les mettre en
cette espreuve ; ils les deffient, les injurient, leur reprochent leur
lacheté et le nombre des batailles perdues contre les leurs.
J’ay une chanson faicte par un prisonnier, où
il y a ce traict : qu’ils viennent hardiment trétous et s’assemblent pour
disner de luy : car ils mangeront quant et quant leurs peres et leurs
ayeux, qui ont servy d’aliment et de nourriture à son corps. Ces muscles,
dit-il, cette cher et ces veines, ce sont les vostres, pauvres fols que vous
estes ; vous ne recognoissez pas que la substance des membres de vos
ancestres s’y tient encore : savourez les bien, vous y trouverez le goust
de vostre propre chair. Invention qui ne sent aucunement la barbarie. Ceux qui
les peignent mourans, et qui representent cette action quand on les assomme, ils
peignent le prisonnier crachant au visage de ceux qui le tuent et leur faisant
la moue.
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