Sonntag, 24. März 2019


Vascones, fama est, alimentis talibus usi
Produxere animas. (Juvenal)

Die Basken, so geht die Sage, haben ihr Leben durch den Gebrauch solcher Nahrung verlängert.

Et les medecins ne craignent pas de s’en servir à toute sorte d’usage pour nostre santé, soit pour l’appliquer au dedans ou au dehors ; mais il ne se trouva jamais aucune opinion si desreglée qui excusat la trahison, la desloyauté, la tyrannie, la cruauté, qui sont nos fautes ordinaires.

Und die Ärzte scheuen sich nicht, dergleichen zu jeglicher Verwendung für unsere Gesundheit zu benützen, sei es zu innerlichem oder äusserlichen Gebrauch; nie aber hat sich eine so verworfene Lehre gefunden, dass sie den Verrat, die Treulosigkeit, die Grausamkeit entschuldigt hätte, die unsere gewöhnlichen Fehler sind.

Dienstag, 19. März 2019


A wise man cures his ambition with ambition itself; he reaches for such great things that he cannot limit himself to what people call treasures, positions, fortune and favor; he sees nothing in such weak advantages that is good or solid enough to fulfill his heart, and to merit his cares and desires; he even needs effort not to disdain them too much. The only good capable of tempting him is that sort of glory that only comes from a completely pure and simple virtue; but men seldom grant it to others, and he does without it.
Le sage guérit de l'ambition par l'ambition même; il tend à de si grandes choses, qu'il ne peut se borner à ce qu'on appelle des trésors, des postes, la fortune et la faveur: il ne voit rien dans de si faibles avantages qui soit assez bon et assez solide pour remplir son coeur, et pour mériter ses soins et ses désirs; il a même besoin d'efforts pour ne les pas trop dédaigner. Le seul bien capable de le tenter est cette sorte de gloire qui devrait naître de la vertu toute pure et toute simple; mais les hommes ne l'accordent guère, et il s'en passe.

Sonntag, 17. März 2019

Der Weise wird vom Ehrgeiz durch den Ehrgeiz selbst geheilt; er strebt nach so grossen Dingen, dass er sich nicht mit dem begnügen kann, was man Schätze, Posten, Glücksumstände und Gunst nennt: solch schwache Vorteile scheinen ihm nicht gut und dauernd genug, um sein Herz auszufüllen, sie scheinen ihm nicht wertvoll genug, um zum Ziele seiner Ausdauer und seines Verlangens gemacht zu werden; es kostet ihm sogar Anstrengung, sie nicht zu sehr zu missachten. Das einzige Gut, das imstande ist, ihn in Versuchung zu führen, ist jener Ruhm, der aus der ganz reinen und ganz einfachen Tugend entstehen sollte; aber die Menschen bewilligen ihn nicht, und er verzichtet auch auf ihn.  

False grandeur is savage and inaccessible: as though it sensed its weakness, it hides itself, or at least doesn't show itself abreast, and doesn't let itself be seen except when it needs to be imposing or to not seem like what it is, I mean a real smallness. True grandeur is free, sweet, familiar, popular; it let's itself be touched and handled, it doesn't lose anything from being seen close up; the more one knows it, the more one admires it. It curbs itself out of good-will toward it's inferiors, and comes back into it's natural condition without effort; it abandons itself sometimes, neglects itself, gets rid of its advantages, always able to pick them up again when it wants to; it laughs, plays, and chats, but with dignity; one approaches it with freedom and reserve together. Its character is noble and easy, inspires respect and confidence, and makes princes seem great, and very great, without making us feel small.

La fausse grandeur est farouche et inaccessible: comme elle sent son faible, elle se cache, ou du moins ne se montre pas de front, et ne se fait voir qu'autant qu'il faut pour imposer et ne paraître point ce qu'elle est, je veux dire une vraie petitesse. Le véritable grandeur est libre, douce, familière, populaire; elle se laisse toucher et manier, elle ne perd rien à être vue de près; plus on la connaît, plus on l'admire. Elle se courbe par bonté vers ses inférieurs, et revient sans effort dans son naturel; elle s'abandonne quelquefois, se néglige, se relâche de ses avantages, toujours en pouvoir de les reprendre et de les faire valoir; elle rit, joue et badine, mais avec dignité; on l'approche tout ensemble avec liberté et avec retinue. Son caractère est noble et facile, inspire le respect et la confiance, et fait que les princes nous paraissent grands et très grands, sans nous faire sentir que nous sommes petits.

Sonntag, 3. März 2019

Ménippe est l'oiseau paré de divers plumages qui ne sont pas à lui. Il ne parle pas, il ne sent pas; il répète des sentiments et des discours, se sert même si naturellement de l'esprit des autres qu'il y est le premier trompé, et qu'il croit souvent dire son goût ou expliquer sa pensée, lorsqu'il n'est que l'écho de quelqu'un qu'il vient de quitter. C'est un homme qui est de mise un quart d'heure de suite, qui le moment d'après baisse, dégénère, perd le peu de lustre qu'un peu de mémoire lui donnait, et montre la corde. Lui seul ignore combien il est au-dessous du sublime et de l'héroïque; et, incapable de savoir jusqu'où l'on peut avoir de l'esprit, il croit naïvement que ce qu'il en a est tout ce que les hommes en sauraient avoir: aussi a-t-il l'air et le maintien de celui qui n'a rien à désirer sur ce chapitre, et qui ne porte envie à personne. Il se parle souvent à lui-même, et il ne s'en cache pas, ceux qui passent le voient, et qu'il semble toujours prendre un parti, ou décider qu'une telle chose est sans réplique. Si vous le saluez quelquefois, c'est le jeter dans l'embarras de savoir s'il droit rendre le salut ou non; et pendant qu'il délibère, vous êtes déjà hors de portée. Sa vanité l'a fait devenir ce qu'il n'était pas. L'on juge, en le voyant, qu'il n'est occupé que de sa personne; qu'il sait que tout lui sied bien, et que sa parure est assortie; qu'il croit que tous les yeux sont ouverts sur lui, et que les hommes se relayent pour le contempler.
Ménippe is a bird decorated with different feathers that don't belong to him. He does not speak, he does not feel; he repeats the feelings and the speech of others, and so naturally takes on their esprit that he is the first one to forget that it is theirs, and he often thinks he is stating his taste or explaining his thought when he is only echoing the person whose company he just left. He is a man who is bearable for fifteen minutes and a moment after that droops, degenerates, loses the little luster that a little memory gave him, and shows he has nothing more left. He is the only one who doesn't see how far he is from sublimity and heroism; and, incapable of imagining how great an esprit men can have, he naively thinks he has as much as is humanly possible: he also has the air and manner of someone who has nothing more to desire of his esprit and who doesn't envy anyone. He talks to himself often and doesn't hide it; the people who pass by see him and he always seems to be taking sides with himself, or deciding that such and such a thing cannot be argued. If you greet him sometimes, you throw him into confusion over whether he should reply to you or not; and while he deliberates, you have already left the room. His vanity made him become something he wasn't. One judges, on seeing him, that he is only occupied with his own person; that he knows that his clothes look good on him, and that his jewels match; that he thinks that everyone's eyes are on him, and that men take turns contemplating him.